Comment la méchanceté s’est libérée dans les médias


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L’anonymat en ligne encourage cette « nouvelle jouissance » : plus seulement celle de se montrer ou d’être regardé, mais « d’agir dans l’ombre ». Trolls, bashing, François Jost définit les nouveaux concepts de la violence numérique sur les médias. Selon lui, l’opposition des internautes aux élites, aux experts, a une dimension sociale : « Les actes de méchanceté donnent le spectacle du dégoût des autres, version moderne de la lutte de classe. »


Vendredi 16 janvier 2016, dans l’émission Un dîner presque parfait, des candidats se reçoivent entre eux pour concocter un dîner et évaluer la qualité du repas, de l’organisation, du décor etc. L’un d’eux, Sébastien, déclare à son hôte, Sarah, qu’à sa place, il « aurait eu honte de servir des fruits de boîtes de conserve dans un dîner culinaire ». Sarah lui lance : « un conseil, ferme ta gueule », avant de lui jeter un verre d’eau à la figure et de l’insulter…

On ressent parfois un plaisir coupable à visionner les séquences clash sur les plateaux de télévision, tournant en boucle sur les réseaux sociaux pendant des jours. Curiosité malsaine, cynisme, ou cruauté ? Pour le sémiologue François Jost, une chose est sûre : l’évolution des médias, de la presse papier aux réseaux sociaux, a libéré ce qu’il appelle « la méchanceté » chez les lecteurs et spectateurs. Terme large, Jost lui refuse toute naïveté. Sa définition est claire : la méchanceté recouvre les actes visant à nuire à autrui, à le détruire. « Elle commence avec la moquerie, la satire, la malveillance, et se poursuit par la stigmatisation et la haine. »

Dans son essai à paraître, La méchanceté en actes à l’ère numérique, François Jost analyse les sources et les canaux de cette méchanceté qui prospère à la télévision et sur internet. De la naissance du journal satirique Hara-Kiri début sixties aux canulars de Cyril Hanouna dans Touche pas mon poste, on plonge dans l’étude de nos mœurs médiatiques.


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26.01.18

Istacec

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