«Même s’ils le voulaient, les Etats n’auraient pas les concepts pour changer»




Dans son dernier essai, Bernard Stiegler analyse non pas le manque de volonté mais l’inaptitude des Etats et des entreprises à répondre à la colère de Greta Thunberg. Agir face aux changements environnementaux nécessite de décloisonner les savoirs et de rendre la science autonome par rapport au capitalisme


Greta Thunberg est génératrice de bifurcation, notamment par sa colère. Il me semble qu’il y a dans son discours quelque chose d’Antigone. Mais Antigone a le discours tragique des Grecs : si elle dit que nous n’échapperons pas à la mort, il y a l’idée que l’âme a une vie après la mort. Greta appartient au monde «plus que tragique», celui qui dit que tout disparaîtra, l’univers en totalité. Et cela provoque des réactions terribles !

Un article du Monde diplomatique, qui traitait Greta Thunberg, de manière fort méprisante, de «Messie 2.0», ainsi que l’appel au meurtre émis après son discours à l’Assemblée nationale cet été ont fait bifurquer la rédaction de mon essai pour s’attacher à la «génération Thunberg». Initialement, j’écrivais Qu’appelle-t-on panser ? (en détournant le titre d’un ouvrage de Heidegger, Qu’appelle-t-on penser ?) parce que je crois qu’aujourd’hui la pensée ne panse plus, elle ne soigne plus.

J’ai récemment créé un collectif international qui mobilise aussi bien des chercheurs que des jeunes de la génération Thunberg, avec lequel nous essayons de répondre à une question : «Comment diminuer l’augmentation du taux d’entropie ?» Pour schématiser, il y a un schisme entre les jeunes mobilisés et les vieux qui ne font rien.

La suite ici : https://www.liberation.fr/debats/2020/03/08/bernard-stiegler-meme-s-ils-le-voulaient-les-etats-n-auraient-pas-les-concepts-pour-changer_1780988

20.04.20

Istacec

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