Méritocratie : une panacée dans l’impasse



L’équation de la méritocratie combinant les facteurs Egalité et Mérite renvoie à un système fondamentalement illusoire. Tout simplement parce que, d’une part elle est incorrecte sur la forme, et impossible dans le fond, avec un postulat de départ (égalité des chances) complètement utopique.



Emblème de la justice sociale contemporaine, le terme méritocratie, originellement forgé par Michael Young (1958) qui en dénonçait le caractère dystopique, renvoie à l’idée selon laquelle une société juste est une société qui octroie à chacun la place qu’il mérite — dans différents corps sociaux : école, université, grandes écoles, institutions civiles ou militaires, monde du travail, État, etc. —, en fonction de ses efforts et de ses talents, et non d’une origine sociale (système de classe), de la richesse (reproduction sociale) ou des relations individuelles (« copinage »).

C’est surtout dans les sociétés occidentales que le terme a trouvé sa raison d’être, quand il a fallu justifier la fin des privilèges féodaux, notamment en France après la Révolution de 1789. La méritocratie, qui se veut être un contre-courant de l’aristocratie héréditaire dans laquelle la position sociale des uns et des autres résulte de la loterie de la naissance, accrédite ainsi le principe d’égalité de tous en termes de chances d’ascension sociale, validant de ce fait – en théorie –  l’adage « Quand on veut, on peut ».

Toutefois, dans sa mise en œuvre aujourd’hui, si le modèle méritocratique est valable de façon universelle dans les sociétés concernées, cette universalité semble s’appliquer de façon catégorielle, renforçant le positionnement initial des riches et des pauvres dans leur classe sociale respective. Pire encore, le modèle méritocratique se révèle être un outil utilisé et renforcé par les mêmes classes que les « méritocrates » fustigeaient dans leur combat contre l’aristocratie.

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17.01.20

Istacec

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