Midterms 2018 : des résultats en trompe-l’œil qui démontrent surtout les failles des médias


résultats

 

Le système électoral américain est à ce point complexe qu’il faut parfois jusqu’à six jours pour comptabiliser tous les bulletins. Nombre de médias, pourtant, ont conclu au soir des élections de mi-mandat à un échec partiel des Démocrates. Une fois ce temps passé, que constate-t-on ? Que les progressistes ont remporté une nette victoire ! Mais qui, en France, en parle huit jours plus tard ? 

 

 


Il y a des batailles dont le verdict ne peut être rendu qu’après quelques jours, quand la fumée des canons et l’odeur de poudre se sont dissipées. Malheureusement l’état de surchauffe médiatique (à la fois subi et entretenu par les chaînes d’info en continu) et la frénésie permanente imposée par Donald Trump – maître absolu dans l’art de chasser une info par une autre, puis par une autre, puis par une autre – semblent nous rendre incapables d’appréhender les choses pour ce qu’elles sont, posément, calmement, en acceptant la complexité des faits.

Oui, il y a bien eu une vague bleue – c’est-à-dire démocrate – pendant les élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Simplement, pour le savoir, il fallait attendre cinq à six jours et le dépouillement complet des bulletins électoraux et suffrages exprimés par voie numérique. Une fois ce laborieux travail de comptage terminé, que constate-t-on ? Que le parti démocrate a obtenu, à la Chambre des représentants (le seul scrutin qui se jouait au niveau national ce 6 novembre), 7,5 % de votes de plus que le parti républicain.

Le lourd problème démocratique auquel nous sommes tous confrontés, c’est que nous semblons devenus incapables, collectivement, de « donner le temps au temps ». Dès mercredi 7 au matin, ici en France, les éditorialistes des principales radios parlaient de résultats équilibrés. Tous savaient pourtant que le renouvellement partiel du Sénat ne pouvait qu’offrir l’apparence d’un bon résultat aux Républicains (puisque les sièges remis en jeu cette année se trouvaient dans des bastions rouge).

Mais happés par ce tourbillon d’infos qui emporte tout sur son passage, ces éditorialistes et experts pressés se devaient d’aller vite. De parler simple. De conclure avant la conclusion. Et tant pis si les résultats commentés portaient tous sur des Etats de l’est des Etats-Unis (et notamment la Floride, peu représentative) en faisant l’impasse sur des Etats comme l’Arizona et le Texas, où les résultats, plus compliqués à comptabiliser puis décrypter, n’étaient pas encore établis.

La suite ici  :  Midterms 2018 : des résultats en trompe-l’œil qui démontrent surtout les failles des médias

15.11.18

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.