Migrants : l’Europe défiée




Ni la diplomatie ni les barbelés ne peuvent suffire à maîtriser des flux de population nourris par les crises proche-orientales et africaines. « Protéger » l’Europe suppose aussi que les Vingt-Sept établissent des mécanismes permanents et solidaires de régulation des migrations qui leur permettent de rester fidèles à leur tradition d’asile, tout en évitant de se trouver à la merci de puissances promptes à instrumentaliser les peurs de leurs ressortissants.


En septembre 2015, la photo du corps sans vie d’Alan Kurdi, petit enfant syrien gisant, le visage tourné vers le sable, sur la plage turque de Bodrum après le naufrage d’un bateau de migrants avait ému le monde entier. Cinq ans plus tard, les vidéos retraçant l’agonie de Mohammed Al-Arab, un Syrien de 22 ans mortellement blessé, lundi 2 mars, par un tir de garde-frontière grec alors qu’il tentait de passer de Turquie en Grèce en traversant le fleuve Evros, n’ont guère suscité de compassion. La terrible qualité du cliché de l’enfant, l’identification universelle immédiate qu’il déclenchait sont loin d’expliquer ces réactions pour le moins contrastées.

Voila cinq ans, l’Europe découvrait consternée les drames humains provoqués par le soulèvement en Syrie. Le continent, en dépit de discours ambigus, n’a pas fermé sa porte aux migrants. L’Allemagne d’Angela Merkel décida d’accueillir un million et demi de réfugiés. Mais le terme « migrants » ne tarda pas à être accolé au mot « crise ». Par les effets conjugués des secousses économiques, des crispations identitaires et des attentats terroristes, l’Europe s’est refermée.

La suite ici : Migrants : l’Europe défiée

8.03.20

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.