Millennials, la génération sans pareille


Millennials

« Un nouvel humain est né. Il – ou elle – n’a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même façon, ne vit plus dans la même nature, ne parle pas la même langue et n’habite plus le même espace. » (Michel Serres)


Les baby-boomers voulaient renverser la table en 68. Leurs descendants du début du XXIe siècle bousculent discrètement autant que sûrement les institutions de l’ancien monde. Les soixante-huitards voulaient bannir l’autorité, les millennials, eux, s’en passent en court-circuitant les intermédiaires et les hiérarchies. Les soixante-huitards voulaient créer des communautés peace and love.

Cinquante ans plus tard, les millennials s’affranchissent des groupes, préférant la fluidité des réseaux. Les soixante-huitards avaient été obligés de remiser leurs idéaux du fait de la crise, les millennials, pragmatiques, s’insinuent dans les interstices de cette dernière pour faire bouger les choses. Les millennials, « génération sans pareille » – une terminologie que nous empruntons au livre de Jean-Pierre Sirinelli (éditions Tallandier) –, réussissent là où leurs aînés ont échoué, parce qu’ils sont tout simplement profondément différents. Voici en quoi et pour quoi faire.

« Faut qu’on parle ! Le monde a changé. » En dialoguant au long cours avec sa fille sur le mode de la nécessaire levée de l’incompréhension réciproque dans un livre récemment publié, Clara Gaymard, figure de proue de la génération post-soixante-huitarde, entame une démarche révélatrice. Les jeunes nés après 1980, et plus encore ceux nés après 1995, façonnés tout à la fois par la crise, la globalisation et l’irruption d’Internet, portent assurément comme leurs aînés de l’après-guerre des valeurs singulières. Aux premiers, hier, la permissivité des mœurs, aux seconds maintenant la quête de sens et de l’accomplissement. Et à l’espérance révolutionnaire aujourd’hui bien évanouie des baby-boomers s’oppose l’espoir mis dans le collaboratif des contemporains de Facebook.

Un contraste somme toute assez banal tant il est vrai que chaque génération imprime assez naturellement sa marque sur le papier sensible du temps, en fonction du contexte et selon un invariant que résume bien l’expression « que jeunesse se passe »… Oui mais voilà – et l’hypothèse est surtout avancée par des neurobiologistes – le changement porté par la génération des « millennials », le nom de baptême donné à ces jeunes par les sociologues et les experts en marketing, serait d’une portée autrement plus radicale qu’une simple et banale mutation à l’occasion d’un passage de témoin.
La suite ici : Millennials, la génération sans pareille

3.04.17

Istacep

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