Mohamed Ben Salman, prince tout puissant mais responsable des échecs de Ryad


Mohamed ben Salman

Le prince héritier Mohamed Ben Salman semble vouloir prendre les temps politique et diplomatique saoudien de court en multipliant les initiatives tous azimuts : opération mains propres dans les sphères politico-financières du royaume, pressions sur le Liban, affirmation répétée de son opposition à l’égard de son ennemi régional, l’Iran. Pourtant cette apparente montée en puissance contraste avec les échecs de la politique étrangère qu’il a initié. Le point de vue de Didier Billion, directeur adjoint de l’IRIS.


Depuis l’accession sur le trône de son père, Salman bin Abdelaziz Al Saoud, en janvier 2015, après la mort du roi Abdallah, il y a une impressionnante montée en puissance de Mohamed Ben Salman. Ce dernier a en effet alors été nommé chef du cabinet royal, président du Conseil des affaires économiques et du développement et ministre de la Défense. Au cours de l’été dernier, il a été désigné prince héritier, ce qui signifie une modification radicale des règles séculaires de succession en Arabie Saoudite ainsi qu’une responsabilisation croissante du prince héritier dans les affaires politiques.

La vague d’arrestations de ces derniers jours qui a touché des princes, ainsi que les milieux économiques auxquels ils sont étroitement liés, a surpris beaucoup de monde. La raison évoquée de cette purge qui a conduit à de multiples assignations à résidence est le délit de corruption. En réalité, cela ne leurre personne car, sans connaître dans le détail les éléments précis des dossiers à charge, cette action possède en réalité une dimension principalement politique. L’intrication entre sphère politique et économique est en effet structurelle en Arabie saoudite et nombres d’entreprises sont détenues par des membres de familles princières. Cela permet de saisir la signification des arrestations opérées à l’initiative de Mohamed Ben Salman dans la perspective de son accession au trône. C’est la volonté de marginalisation de ceux qui pourraient lui faire de l’ombre, voire le contester, et à une concentration accélérée du pouvoir entre ses mains auxquelles nous assistons.


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14.11.17

Istacec

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