Molenbeek deux ans après les attentats: « Comme après un séisme… »


Molenbeek deux ans après

Traumatisme, tremblement de terre, parole volée, ville bombardée… Plusieurs mois après les attentats qui ont changé l’image et le destin de leur commune, les mots des habitants de Molenbeek sont forts. Entre résignation face à la stigmatisation et volonté de changer les choses, tous restent marqués au fer rouge par les retombées des événements de novembre 2015 et mars 2016.


Ce n’est pas gai d’être au centre du monde de cette façon-là, soupire un jeune homme qui préfère ne pas dire son nom. Venir d’ici ce n’est déjà pas facile, alors si en plus vous dites qui je suis, ça ne va pas m’aider. » En remontant la fermeture éclair de sa parka noire, il s’excuse avant de prestement tourner les talons. « On ne s’intéresse à nous que parce qu’on a eu des terroristes entre nos murs. Ça fait un peu mal. »

Après le 13 novembre 2015, les télévisions du monde entier se sont ruées dans ce quartier défavorisé de l’Ouest bruxellois. « Quand on a vu tous les camions-satellites, les radios, les télés sur la place communale, ça a été un choc, se rappelle Olivier Bonny, coordinateur dédié à la cohésion sociale dans un regroupement d’associations molenbeekoises de lutte contre l’exclusion. Les habitants l’ont vécu comme une grande souffrance. » Depuis, ils peinent à se reconstruire.

Dans cette zone frappée par des problèmes structurels, les attentats et les réactions qu’ils ont entrainées ont eu l’effet d’un séisme. Abdelaziz, un ancien éducateur de 24 ans, a vécu ces changements avec « beaucoup de douleur ». Ce costaud au regard calme résume ainsi la stigmatisation dont son quartier est l’objet : « Avant, quand un voleur venait de Molenbeek, on disait ‘un individu d’origine nord-africaine’. Aujourd’hui, on dit ‘un Molenbeekois’. Et tout le monde comprend… »


La suite ici : Reportage à Molenbeek deux ans après les attentats : “Comme après un séisme, on se reconstruit difficilement”

26.11.17

Istacec

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