Mourir en Méditerranée ? Pas de problème…








Le vote organisé au Parlement Européen hier concernant une résolution sur la recherche et le sauvetage de réfugiés en Méditerranée a tourné en honte généralisée pour cette Europe institutionnelle qui se soucie davantage du bien-être des banquiers et des producteurs de produits toxiques que de vies humaines. 288 eurodéputé.e.s avaient voté pour cette résolution qui n’était autre  qu’un appel aux gouvernements de tout faire pour sauver des vies et faciliter celle des équipes de sauvetages, mais 290 eurodéputé.e.s des conservateurs du PPE et de l’extrême-droite ont fait échouer cette résolution. Et 36 eurodéputé.e.s n’avaient pas d’opinion et se sont donc abstenus.




Ce vote est intéressant à bien des égards. D’une part, on constate que les conservateurs au Parlement Européen n’avaient aucun problème pour faire cause commune avec l’extrême-droite identitaire européenne ; et le fait que le PPE quitte la « coalition tacite » avec les autres partis démocratiques présents au Parlement Européen pour s’allier pour la circonstance à l’extrême-droite, mérite qu’on s’y arrête un moment. Le comportement du PPE, donc en grande partie des chrétiens-démocrates, n’a rien de chrétien, rien d’ humaniste, mais il est l’expression d’un cynisme froid. Ce vote PPE / extrême-droite restera gravé dans les mémoires et il faut espérer qu’il ne s’agit pas du prélude à d’autres coopérations de ce type dans les Etats membres.

Mais bien évidemment, l’indifférence des conservateurs et extrémistes européens concernant l’hécatombe en Méditerranée ne surprend pas vraiment. Depuis des années, les institutions européennes font semblant de mener une « guerre contre les passeurs », mais en réalité, elles financent des régimes criminels, des violations des droits de l’homme, des camps de concentration en Libye, le tout pour que ces régimes criminels gardent les réfugiés loin de l’Europe. Pendant ce temps, l’Europe institutionnelle a fait fleurir les affaires des passeurs, en rendant leurs « services » plus chers. Avec le vote d’hier au Parlement Européen, l’Europe a donc changé d’orientation. Désormais, la « guerre contre les passeurs » doit être appelée « guerre contre les migrants » et avec le refus de cette résolution, l’Europe institutionnelle a définitivement quitté la voie de l’Humanisme européen.

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26.10.19

Istacec

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