Naomi Klein : «Les gens veulent qu’on leur montre un futur où le monde ne s’effondre pas»








Vingt ans après son best-seller anticapitaliste «No Logo», la journaliste canado-américaine publie «On Fire», plaidoyer pour une révolution à la fois écologique et sociale. Face aux «flammes du changement climatique et aux flammes des mouvements d’extrême droite» qui consument la planète, l’essayiste défend le Green New Deal de la gauche américaine, et se dit ragaillardie par l’activisme de la nouvelle génération.




Sacrée «personnalité la plus visible et la plus influente de la gauche américaine» en 2008 par le New Yorker, Klein construit depuis deux décennies des passerelles entre les sphères académiques, militantes et médiatiques. Elle a dénoncé le «capitalisme du désastre» (la Stratégie du choc, 2007) et les vautours de la privatisation, en embuscade après la guerre en Irak ou l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans.

Dans son dernier livre, elle analyse le «dialogue mortel entre les tendances planétaires et politiques»,du réchauffement aux montées des droites extrêmes. Fait des parallèles entre le suprémacisme blanc, la violence armée et la destruction de l’environnement. Mais assure que l’activisme de la jeunesse (le Sunrise Movement, les climate strikes), les nouvelles figures politiques et militantes (AOC, Greta Thunberg), ainsi que l’élaboration de programmes politiques très ambitieux comme le Green New Deal lui donnent de l’«espoir».

« Je suis souvent déprimée. Peut-être que «déprimée» n’est pas le bon mot, mais je suis souvent anéantie et bouleversée. Nous sommes en train de détruire quelques-uns des éléments structurants de notre planète : l’Arctique, l’Amazonie, la Grande Barrière de corail… Et nous poussons la destruction au-delà du point de non-retour. Il serait donc ridicule de me montrer optimiste et détendue. Mais je sens vraiment qu’on assiste à un changement considérable : nous avons enfin des figures politiques qui ont conscience de l’ampleur de la crise, et qui proposent une réponse politique à la hauteur de cette crise. La probabilité qu’on parvienne à contenir l’augmentation des températures en dessous de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle est très faible. Mais tant qu’il y a une chance d’y parvenir, tant qu’il y a une dynamique vers ça, je ne vais pas perdre mon temps à me vautrer dans mon désespoir. »

La suite ici : https://www.liberation.fr/debats/2019/11/03/naomi-klein-les-gens-veulent-qu-on-leur-montre-un-futur-ou-le-monde-ne-s-effondre-pas_1761343

5.11.19

Istacec

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