« Ne sous-estimez pas l’émotion des citoyens américains dans cette élection »



En analysant la politique américaine, surtout en cette période électorale difficile, n’oubliez pas l’émotion des citoyens. C’est un facteur intangible, mais capital. Selon Jeff Hawkins, ancien ambassadeur des Etats-Unis et chercheur associé à l’Iris, la peur, la colère et la méfiance des citoyens, à quelques semaines des élections, gangrènent la démocratie américaine.


Pratiquement tous les Américains − quel que soit leur bord politique − ont la conviction que nous vivons un moment crucial dans notre vie nationale. Les deux tiers estiment que le pays va dans la mauvaise direction.Sur fond d’épidémie, la perspective du scrutin du 3 novembre a pris un tour quasi existentiel pour une part importante de l’électorat. Parmi les citoyens, beaucoup continuent à vivre leurs vies normalement, sans trop se soucier des actualités ; mais ceux qui ont peur ou sont en colère sont en nombre croissant. Et au fil des outrances, des mensonges, des intoxications – réels ou imaginaires –, cette peur et cette colère augmentent. Une partie de la population est convaincue que le pays ira au désastre si Donald Trump est réélu ; l’autre croit tout aussi fermement que ce sera la fin de la république si Joe Biden passe. On ne devrait pas perdre de vue cette émotion.

Le désaccord qui règne aux Etats-Unis pourrait s’avérer dangereux pour la démocratie elle-même. Au-delà de la Constitution, des lois, et des institutions, c’est la confiance entre citoyens qui permet le bon fonctionnement d’un système démocratique. Or, de plus en plus, les Américains se méfient les uns des autres. Huit Américains sur dixestiment qu’on ne fait pas suffisamment confiance à ses concitoyens ;une majorité dans chaque camp politique n’a que peu, ou pas de tout, d’amis dans le camp opposé. Ce manque de confiance, déjà dangereux en soi, est aiguisé par l’émotion du moment.

Un pourcentage important d’Américains se pose de sérieuses questions sur l’impartialité des institutions électorales. Par le passé, on savait que si un parti gagnait des élections, celui en face accepterait sa défaite ; qu’il était important que chacun vote ; que les tribunaux tranchaient équitablement les différends électoraux. Maintenant, le doute règne sur le bon déroulement des scrutins.

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10.10.20

Istacec

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