Aïssa Maïga et Tania de Montaigne : Le substantif « Noir » est chargé pour tout le monde


Noir

 

 

Dans mon livre, je pars à la recherche de ce que signifie cette majuscule – Noir -, mais cette logique fonctionne aussi avec les Juifs, les Arabes, les Musulmans, les Jaunes. Si les préjugés diffèrent, la mécanique est identique. Elle obéit à la croyance que la race existe.

 


On croyait tout savoir du racisme de base et de comment il engage, contraint, empoisonne, non seulement pléthore de vies singulières, mais l’ensemble de la société française, et on s’aperçoit, en lisant les témoignages d’actrices recueillis dans Noire n’est pas mon métier (Seuil), le livre collectif initié par la comédienne Aïssa Maïga, qu’on n’en connaissait que l’écume.

On croyait tout deviner des mécanismes qui provoquent le développement des stéréotypes concernant les noirs, les jaunes, les Arabes, les juifs, bref, de n’importe quel être humain à partir du moment où il est défini ou se détermine à partir d’un groupe fixe, et on prend conscience, en lisant les Noirs n’existent pas, la vigoureuse démonstration autobiographique et documentée de Tania de Montaigne (par ailleurs chroniqueuse à Libération), qu’on n’y avait jamais réfléchi.

On supposait que le racisme concernait une catégorie de personnes – les électeurs du Front national par exemple -, mais évidemment pas toi, lecteur, ni moi, journaliste. Et on s’avise qu’il circule et s’immisce à peu près partout, dès lors qu’on s’arrête de le repérer dans nos pensées les plus spontanées, nos dires les plus immédiats, et les réflexes économiques de toute entreprise, y compris culturelle.

La suite ici : http://www.liberation.fr/debats/2018/05/08/aissa-maiga-et-tania-de-montaigne-le-substantif-noir-est-charge-pour-tout-le-monde_1648661

16.05.18

Istacec

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