Nicole Aubert: « Nos sociétés ont créé des individus à flux tendus »


flux tendus

Si l’adage « le temps c’est de l’argent » est plus vrai que jamais, le temps du profit entre en confrontation directe avec le temps politique des démocraties, le temps stratégique des entreprises et le temps psychologique des individus qui y vivent.


Notre époque, depuis une vingtaine d’années, vit une mutation radicale de son rapport au temps. Dans cette mutation, ce n’est pas tant le temps qui accélère que les individus qui doivent accélérer de plus en plus pour répondre aux exigences d’une économie et d’une société qui tournent de plus en plus vite. Les modalités de notre rapport au temps ont changé : à la sensation de fuite du temps et à notre besoin, très occidental, de dominer le temps, s’est ajoutée une tierce dimension d’accélération et de compression du temps.

Pour répondre à ces mutations induites par la logique du marché, la mondialisation de l’économie et les technologies de la communication, nous sommes plus que jamais désireux de posséder le temps, mais plus encore de triompher du temps. Le problème est que ce désir cache en réalité un individu prisonnier du temps réel et de la logique de marché, incapable de différencier l’urgent de l’important, l’accessoire de l’essentiel. Nos sociétés, à flux tendus, ont créé des individus à flux tendus. Certains s’agitent dans le temps, d’autres s’engluent : entre urgence et désir, on finit par rechercher dans l’intensité de la vie une immédiate éternité.
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7.01.17



Istacec

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