“Nous sommes actuellement dans la quatrième vague de l’extrême droite d’après-guerre”



Cas Mudde, professeur et expert des mouvements d’extrême droite et du populisme, explique comment des idées basées sur l’autoritarisme et le nativisme sont devenues communes au sein de la société, avec l’aide des partis modérés et des médias.


Populisme est utilisé comme un synonyme d’extrême droite. Le terme de populisme est pertinent, mais il englobe plus de choses que seulement l’extrême droite, et vice-versa. C’est le nativisme qui est au coeur de l’extrême droite, pas le populisme. Il ne faut pas confondre. Le nativisme se concentre sur l’ethnicité, et le populisme sur le moralisme. Le nativisme est contre les minorités ethniques, le populisme contre les élites. Bien que l’objectif principal de ce livre soit d’offrir un aperçu accessible de l’extrême droite d’aujourd’hui, on y trouve quelques nouvelles réflexions, notamment concernant le fait que nous nous trouvons dans la quatrième vague de l’extrême droite d’après-guerre, caractérisée par la normalisation des acteurs de ce mouvement et de leurs idées.

Existe-t-il une différence entre extrême droite et droite radicale ?

Oui. La droite radicale est une branche de l’extrême droite. Alors que l’extrême droite rejette la démocratie, autrement dit la souveraineté populaire et la règle de majorité, la droite radicale accepte la démocratie, mais remet en question les institutions et les valeurs fondamentales de la démocratie libérale, telles que les droits des minorités, l’État de droit et la séparation des pouvoirs.

Le processus a été différent d’un pays à l’autre. En France, par exemple, tout s’est déroulé plus rapidement qu’en Allemagne. Mais les attaques terroristes du 11 septembre et la manière dont les médias et les politiciens ont dépeint le conflit, c’est-à-dire comme une menace de l’Islam politique sur les valeurs occidentales, a donné beaucoup de pouvoir aux mouvements d’extrême droite (déjà bien ancrés).

Dans beaucoup de pays, l’extrême droite n’a pas entrepris grand-chose après les événements du 11 septembre, mais elle en a grandement profité. Et une fois que l’extrême droite eut connu une percée électorale, les médias et les politiciens ont commencé à surnommer les électeurs « le peuple », et qualifier leurs inquiétudes (supposées) de « bon sens ».

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1.12.0

Istacec

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