« NRx », le mouvement néo-réac monarchiste de la Silicon Valley


NRx

 

Forgé par une poignée d’ingénieurs de la Silicon Valley, le mouvement néo-réactionnaire, dit « NRx », prône un retour à la monarchie dans une société hyper technologique. Encore confidentiel, il exerce pourtant son influence auprès de plusieurs grands patrons et investisseurs de la tech, aussi bien que des suprémacistes blancs de l’« alt right » américaine. Portrait d’une sinistre famille. « C’est une philosophie pour les programmeurs : elle propose un monde dans lequel l’utilisation de la technologie va servir à réorganiser l’humanité de manière hiérarchique »

 

 

 


Imaginez la rencontre entre les séries Game of Throneset The Handmaid’s Tale: la sauvagerie et l’univers féodal de la première, avec ses seigneurs, ses gueux et son virilisme guerrier ; et la société ultra sécuritaire, militarisée, raciste et patriarcale de la seconde. Une telle combinaison aurait de quoi faire frémir. Pourtant, c’est bien dans les grandes lignes le monde rêvé par quelques ingénieurs et start-upers de la Silicon Valley, rangés sous l’étiquette du mouvement « néo-réactionnaire » dit « NRx ».

« L’autre jour, j’étais en train de bricoler dans mon garage et je me suis dit que j’avais envie d’inventer une nouvelle idéologie. » Ces mots, ce sont ceux de Curtis Yarvin, ingénieur quadragénaire de la Silicon Valley, ancien de Berkeley, qui a fait fortune lors de la bulle Internet. Il les écrit dans « A formalist manifesto», un texte publié le 22 avril 2007 sur 2Blowhards, blog polémique où s’échangent des idées supposées en rupture avec le politiquement correct. Une semaine plus tard, sous le pseudonyme de Mencius Moldbug, il lance son propre blog, Unqualified Reservations, et développe sa pensée : « Washington a échoué. La Constitution a échoué. La démocratie a échoué (…). Le temps est venu d’une restauration, d’un sursaut national, d’un redémarrage (reboot dans le jargon informatique) complet, écrit-il. Il n’y a aucune raison de penser que la forme de gouvernement actuelle soit meilleure que des formes plus anciennes. La République américaine a aujourd’hui plus de 200 ans mais la République de Venise, elle, a duré plus de 700 ans. »

Pour l’ingénieur californien, la démocratie détruit la liberté individuelle, et seul le libre marché peut se révéler un système à même de la respecter. L’État doit, selon lui, devenir une entreprise – un « government-corporation » ou « gov-corp » – avec, à sa tête, non plus un président élu, mais un PDG – un « CEO » ou « receiver » – choisi par une élite d’actionnaires. Cette élite, masculine et blanche, est la seule à même de mener à bien le devenir de cet État-entreprise.

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3.12.18

Istacec

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