On vous avait prévenu, Sire


prévenu

 

 

Au cours de ces décennies libérales-libertaires, la question sociale a été imprudemment gommée, comme si elle n’était que le hochet des corporatismes d’une social-démocratie fatiguée.  Ce déni a alimenté le sentiment d’insécurité, voire de hargne, sociale. Mélangé confusément aux craintes mais aussi aux fantasmes suscités par les migrations et le fondamentalisme religieux, il a contribué au déplacement des enjeux vers des questions, corrosives, explosives, d’identité.

 

 


L’histoire bégaye. Une nouvelle fois, comme en 1968, lors du fameux mois de mai, comme en 2005 lors du référendum sur le « traité instituant une constitution pour l’Europe », la « France d’en haut » semble prise de court. Mais d’où sortent ces gilets jaunes? Pourquoi le mouvement ne s’étiole-t-il pas plus vite? Qui sont ces casseurs et ces voyous qui les accompagnent, s’infiltrent et les débordent ? Tout au long de ces dernières semaines, le monde politique, la presse aussi, ont peiné à comprendre ce qui était en train de se passer. Hésitant entre l’arrogance et la complaisance, ils ont donné un spectacle empreint de confusion et d’improvisation.

L’imprévision, comme le notait Barbara Tuchman dans son best seller paru en 1984, La marche folle de l’histoire, est une constante, « de la guerre de Troie à la guerre du Vietnam ». Sans doute. Mais, aujourd’hui, les gouvernants n’ont jamais eu autant de sources d’information à leur disposition. Enquêtes sociologiques, sondages d’opinion, notes de surveillance de services de renseignements et revues de presse s’accumulent sur les disques durs des experts censés être à l’écoute de la population. Les réseaux sociaux offrent par ailleurs une profusion de données qui ne demandent qu’à être exploitées par ceux qui cherchent à prendre la température de la société. Et pourtant, la surprise et la sidération semblent être la norme.

La suite ici  : On vous avait prévenu, Sire

12.12.18

Istacec

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