Pandémie et inégalités sociales : l’histoire va-t-elle se répéter ?



 

 


Un sondage récent réalisé auprès des plus grands économistes a révélé que la grande majorité d’entre eux estime que le Covid-19 va considérablement aggraver les inégalités sociales, en partie à cause de son impact disproportionné sur les travailleurs peu qualifiés. Notre intuition va tout à fait dans le même sens, il nous est impossible de rejeter leur hypothèse. Certaines études scientifiques montrent également que cette issue est malheureusement très probable.

 

 


Lors de la pandémie de la grippe espagnole de 1918, les taux de mortalité étaient considérablement différents entre les pays développés et les pays émergents, mais aussi entre les riches et les pauvres tant dans les pays que dans les villes. À Oslo par exemple, le taux de mortalité était plus élevé parmi les classes ouvrières, les habitants de petits appartements et les habitants de la partie Est de la ville. À Chicago, les plus touchés étaient les analphabètes, les chômeurs et les personnes vivants à l’étroit, qui souffraient plus régulièrement de problèmes de santé. Cette pandémie a engendré une augmentation importante de la pauvreté et des inégalités.

Une autre étude réalisée sur des épidémies plus récentes – SARS (2003), H1N1 (2009), MERS (2012), Ebola (2014) et Zika (2016) – examine les effets de répartition et est arrivée aux mêmes conclusions. Plus concrètement, le coefficient de Gini (une méthode souvent utilisée pour mesurer l’inégalité des revenus) a montré une augmentation des inégalités de près de 1,5% en moyenne à la suite de pandémies. Nous soulignons qu’il s’agit d’un effet net, c’est-à-dire sur les revenus du marché après impôts et transferts. C’est un impact important étant donné que cette mesure a tendance à évoluer lentement dans le temps. De plus, les enfants nés pendant ou juste après la pandémie ont connu un niveau d’éducation et des revenus plus faibles. L’impact de la pandémie sur les inégalités sociales peut donc perdurer pendant des décennies.

Il y a déjà plusieurs indications que la situation ne sera pas différente cette fois-ci. Aux Etats-Unis par exemple, près de 40% de ceux qui vivent dans des ménages gagnant moins de 40 000 dollars par an avaient perdu leur emploi en mars. Selon l’ONU, un demi-milliard de personnes pourraient tomber dans la pauvreté à cause de la pandémie, une situation sans précédent. Oxfam parle d’une augmentation de 6 à 8% de la population mondiale. Le monde pourrait retourner 10 à 30 ans en arrière en matière de lutte contre la pauvreté.

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24.05.20

Istacec

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