Qu’est-ce qui nous pousse à partager des points de vue qui nous indignent?


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« L’un des principaux ressorts de la viralité d’un contenu, c’est sa capacité à générer de l’indignation. Quand nous sommes confrontés à une information qui nous indigne, notre premier réflexe est de publier et republier. Ça tient du ressort cognitif: c’est ce besoin d’appartenance à une communauté d’intérêt ou une communauté de sensibilité. Mais c’est propre aux réseaux sociaux d’instrumentaliser quelque chose qui ressort du pulsionnel, rappelle le chercheur. C’est le travail de l’algorithme. Or comment est programmé un algorithme? Il doit garder ce qui génère le plus de réactions. »


On pourrait l’appeler le syndrome du « soupir de l’ère Trump ». Ce sentiment de fatigue qui envahit les internautes après la lecture de l’un des déplorables tweets du président américain. Mais quand Donald Trump repensait en 140 signes la genèse du rechaussement climatique comme un concept chinois visant à « nuire à l’économie américaine », plus de 100.000 personnes ont retweeté le message, certes avec son lot de GIF ironiques et de hashtags hallucinés.

À la mi-janvier, c’est la Une de Marianne qui a été emportée par une immense vague de commentaires sur les réseaux sociaux. Dans un contexte qui succède à l’affaire Weinstein, l’hebdomadaire fondé par Jean-François Kahn titrait « Accusés, planqués, gênés, muets… Libérons la parole des hommes ». Ni une, ni deux, les réseaux s’emballent. Mais une question se pose: la déferlante de retwteets, posts et commentaires a-t-elle réellement servi la cause de ceux qui s’indignaient?

Depuis le fameux Indignez-vous de Stéphane Hessel en 2010, au mouvement espagnol des Indignés en passant par cette Une de la revue britannique NewStatesman « Age of outrage », la neuroscientifique américaine Molly Crockett du département de psychologie de l’université de Yale s’est intéressée à l’indignation à l’ère numérique: « Les plateformes en ligne mettent à portée de main des outils permettant aux groupes traditionnellement hors des sphères du pouvoir d’analyser le comportement des plus puissants, expose la chercheuse. Exprimer son indignation en ligne peut décupler le sentiment d’adhésion d’un individu à une cause, parce qu’il s’engage publiquement. »


La suite ici : Qu’est-ce qui nous pousse à partager des points de vue qui nous indignent?

4.02.18

Istacec

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