Pas de choix et pas de sortie pour le Royaume-Uni 



 

 




L’issue du simple choix binaire proposé aux électeurs britanniques dans le cadre du référendum sur le Brexit de juin 2016 se révèle quasiment impossible à mettre en œuvre. Le principal obstacle réside moins dans les complexités liées à la négociation de nouveaux traités que dans le jugement des responsables de la vie politique britannique selon lequel les coûts d’une sortie catégorique seraient trop élevés.

 




 

La tentative prolongée de sortie du Royaume-Uni hors de l’Union européenne renverse deux illusions sur lesquelles le monde reposait depuis la fin de la guerre froide : la souveraineté nationale et l’intégration économique, les deux points finaux de l’histoire selon Francis Fukuyama dans son célèbre essai de 1989.

Juridiquement, le monde se compose de 191 États souverains, libres de conclure des traités, accords et associations pour organiser leurs relations les uns avec les autres. Le Royaume-Uni compte parmi ces États. Son incapacité à opérer une sortie véritable de l’UE constituerait dans l’histoire moderne la première fois qu’un important État souverain se retrouve contraint de demeurer au sein d’une union volontaire, dans la mesure où, bien que légalement libre de le faire, une telle sortie se révélerait trop coûteuse.

Tous les efforts fournis par la Première ministre Theresa May depuis environ 30 mois ont visé à respecter, en principe mais pas dans les faits, le vote populaire de sortie. Cette stratégie est rendue possible par le fait qu’à la question de savoir ce que le Royaume-Uni entend précisément quitter, la réponse n’a jamais été totalement claire. L’UE et ses chevauchements de systèmes économiques subordonnés s’apparentent en effet davantage à une méduse tentaculaire qu’à une union politique et économique.

La suite ici  : https://www.project-syndicate.org/commentary/brexit-test-of-national-sovereignty-by-robert-skidelsky-2019-03/french

22.03.19

Istacec

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