Pas de muraille de Chine entre la N-VA et le Vlaams Belang



 

 


Quand le Vlaams Blok se crée, il y a une digue infranchissable entre lui et les partis de la droite démocratique. Cette digue n’existe plus aujourd’hui. Partout en Europe, ce fossé est en passe de se résorber. Le critère « démocratique » n’est plus opérationnel pour isoler l’extrême droite. Un survol historique et géographique avec Vincent Scheltiens, historien et membre du centre d’histoire politique de l’Université d’Anvers.

 

 


Dans le passé, on voyait surtout dans le mouvement flamand une démarche autocentrée sur sa propre région, entretenant l’illusion que celle-ci est et doit rester homogène et pure. Aujourd’hui, une dimension européenne a été ajoutée : celle du choc des civilisations et des cultures inconciliables. La peur est entretenue que les nouveaux arrivants viennent ici pour « changer le peuple ». L’identité blanche, basée sur le christianisme, est considérée comme supérieure et se retrouve sous pression. Pour la défendre, nous devons construire des barrières, par exemple sur la base de références identitaires imposées aux nouveaux arrivants. Ainsi, l’identité flamande se retrouve désormais englobée dans une nouvelle identité européenne, fondée sur la suprématie blanche et chrétienne.

Une identité que propagent également les Orban, les Salvini et autres Kurz2 ?
C’est relativement nouveau. La dernière fois que les ambitions européennes ont été formulées à partir d’une idée de supériorité raciale, c’était avant la Seconde Guerre mondiale. Le mépris avec lequel Bart De Wever parle du mouvement flamand traditionnel est frappant. Il en a recruté les meilleurs éléments, comme Peter De Roover3, mais pour le reste, De Wever n’a rien de commun avec la Vlaams Nationaal Zangfeest4 ou le pèlerinage de l’Yser.

Cela a-t-il à voir avec des questions de pouvoir ?
En partie. Cette rupture avec le passé permet de rejoindre un groupe en Europe où il est possible de disposer d’un certain poids politique. Sur la seule base de ses aspirations nationalistes, la N-VA aurait facilement pu continuer à faire partie du groupe Alliance libre européenne au Parlement européen, avec quelques Catalans et les « Sardines » italiennes, un groupe allié aux Verts. Mais la N-VA a préféré constituer un groupe commun avec des Italiens nostalgiques de Mussolini et avec les fascistes espagnols de Vox.

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19.03.20

Istacec

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