Les passions indépendantistes et la démocratie


passions indépendantistes

Qu’il s’agisse de Madrid ou de Bagdad, l’absence d’ouverture est frappante. Quand David Cameron avait été confronté à la demande écossaise d’autodétermination, il avait su trouver la voie d’un processus démocratique. Quand, en 1988, Michel Rocard avait su faire aboutir à Matignon une négociation particulièrement délicate à propos de la Nouvelle-Calédonie, il s’agissait bien, là aussi, de faire prévaloir l’esprit démocratique.


L’amour de la nation est souvent une passion conservatrice, voire réactionnaire ou extrémiste, il est plus rarement un sentiment adossé à l’idée de progrès. On le voit, aujourd’hui, avec partout dans le monde la poussée de forces d’extrême droite, souverainistes, soucieuses d’obtenir la fermeture de la société sur elle-même, et plus ou moins obsédées par l’homogénéité culturelle, voire ethnique ou raciale du corps social.

Dans la période actuelle, ou récente, certaines mobilisations à forte teneur nationaliste ne peuvent en aucune façon être taxées d’extrémisme antidémocratique. Ceci vaut pour l’Écosse, où le référendum pour l’indépendance (septembre 2014) s’est soldé par la victoire du « non » (plus de 55 % des suffrages exprimés), comme pour la Catalogne et le Kurdistan, où le oui à l’autodétermination vient de l’emporter.

Ce type de situation pose de belles questions de philosophie politique, et appelle une réflexion nuancée et complexe, mobilisant des catégories variées : démocratie, légitimité, nation, etc. Il pose aussi la question du réalisme en politique : le moment du vote n’est pas nécessairement celui où la raison et la réflexion en profondeur l’emportent.
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14.10.17

Istacec

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