Populisme : de la vague au tsunami


tsunami

 

A défaut d’une définition convaincante, le populisme présente partout des traits distinctifs, : la haine des élites, nébuleuse qui inclut les puissances d’argent, les intellectuels, les médias, la police, la justice ; l’exaltation du « peuple », tout aussi mal défini, mais qui n’en est pas moins auréolé de toutes les vertus  et l’appel à la démocratie directe par-dessus les corps intermédiaires coupables d’étouffer la voix du peuple.

 

 


Pour quelqu’un comme l’auteur de ces lignes, membre à son corps défendant d’une « élite » censée s’être irrémédiablement coupée du « peuple », le spectacle qu’offrent nos démocraties est désolant. Il pouvait à la rigueur suivre d’un œil désabusé les méfaits des révolutions « illibérales » en Pologne et en Hongrie, où la démocratie s’est réduite au vote ; après tout, l’histoire longue et récente de ces pays ne les prédisposait point à se donner d’emblée des régimes démocratiques adultes et apaisés. Il avait déjà plus de mal à s’accommoder de l’émergence de démagogues dans les vieilles démocraties d’Europe occidentale. Puis est venue la gifle du Brexit, et là, l’inquiétude l’a cédé à l’angoisse. En Grande-Bretagne, une classe politique connue pour son pragmatisme et sa pondération s’est abîmée dans une campagne référendaire abjecte où le mensonge l’a disputé à l’ignorance, pour aboutir à un résultat auquel elle n’était visiblement pas préparée. Comment est-ce possible ?

Mais ce n’était encore qu’amuse-bouche, puisque les Américains nous ont servi depuis l’apothéose du plus extraordinaire bateleur de mémoire d’électeur. Vulgaire, égocentré comme un enfant, ignorant, incohérent, menteur, entouré d’une clique à son image, comment un tel personnage s’est-il hissé au pinacle de la puissance ? Surtout, comment un milliardaire, dont le principal titre de gloire est une émission de téléréalité où il prenait un plaisir manifeste à éructer « Vous êtes licencié ! » aux malheureux candidats à un job imaginaire dans son empire, a-t-il réussi à passer pour le champion de la classe ouvrière américaine ?

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30.10.18

Istacec

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