Populisme, polarisation et post-vérité, un cocktail explosif




Le populisme n’a rien de nouveau. En théorie, il désigne la défense du peuple au sens noble (le populus) contre les abus des élites. Dans la pratique, on emploie ce terme au sujet de phénomènes politiques très différents, à l’image de Donald Trump ou d’Hugo Chávez, par exemple. Si, intrinsèquement, le populisme pose déjà problème, lorsqu’il s’ajoute à la polarisation et à la post-vérité, sa capacité destructrice s’en trouve multipliée.


Peu de dirigeant·es se disent populistes. Ce sont au contraire leurs adversaires politiques qui se servent de ce vocable comme arme offensive. Une erreur courante consiste à supposer que le populisme est une idéologie. Mais il y a des populistes qui défendent l’ouverture économique et culturelle au monde alors que d’autres sont isolationnistes. Certain·es qui font confiance au marché et d’autres encore à l’État. Les populistes dits verts ont pour priorité la protection de l’environnement, tandis que les industrialistes privilégient la croissance économique en dépit de la pollution. En somme, il y a des populistes en tout genre.

L’histoire montre que le populisme n’est pas une idéologie, mais une énième stratégie pour s’emparer du pouvoir et, si possible, le conserver. C’est là le plus grand danger. Un pays peut se remettre des dommages provoqués par un gouvernement populiste dont les politiques nuisent à l’économie, aggravent la corruption et affaiblissent la démocratie. Mais plus un mauvais gouvernement s’éternise, plus il fait de dégâts, plus il est difficile de le remplacer et plus le redressement du pays est long et coûteux.

Le populisme et la polarisation font bon ménage. Dans une démocratie, il est normal –et sain, du reste– que des groupes antagonistes se disputent le pouvoir. Mais ces derniers temps, nous avons vu comment une telle concurrence s’est transformée en une polarisation extrême qui sape la démocratie dans de nombreux pays. La polarisation à outrance rend impossibles les accords et les compromis entre groupes politiques opposés –qui sont cependant nécessaires en démocratie pour gouverner. Les adversaires politiques deviennent des ennemis irréconciliables qui ne reconnaissent pas la légitimité de l’autre, n’accordent pas à l’autre le droit de participer à la vie politique et encore moins de gouverner.

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3.03.20

Istacec

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