Portiques à Jérusalem: « Les causes de la colère palestinienne sont toujours là »


portiques à Jérusalem

La reconquête du mont du Temple est devenue un enjeu de politique intérieure en Israël. Alors qu’en 2000 on ne voyait presque jamais de juifs religieux sur l’esplanade des Mosquées, on voit aujourd’hui quotidiennement des groupes de 40 à 50 personnes qui viennent prier malgré l’interdiction de le faire. De plus en plus, des députés, des membres du gouvernement israéliens et même des ministres de premier plan viennent y tenir des discours déclarant ostensiblement leur volonté de reprendre le contrôle sur l’esplanade.


Sous la pression de la communauté internationale, Israël tente de désamorcer la crise en retirant les détecteurs de métaux,  mais la tension n’est pas encore totalement retombée. Vincent Lemire, historien, auteur de « Jérusalem, histoire d’une ville-monde », revient sur cette situation inflammable. Interview.

En septembre 2000, c’est une visite de l’esplanade des Mosquées par le ministre d’opposition Ariel Sharon qui avait provoqué la deuxième intifada. Quelles sont, selon vous, les similitudes avec ce qui s’est passé ces derniers jours ?

En 2000, le soulèvement, très encadré et structuré, était orchestré politiquement des deux côtés. Ariel Sharon avait provoqué consciemment et Yasser Arafat avait accompagné l’escalade des manifestations populaires. Les deux acteurs pensaient alors simultanément qu’ils pouvaient gagner sur l’autre en allant jusqu’à l’épreuve de force. Aujourd’hui, la situation est très différente, puisque ces manifestations partent de la base. L’enquête du Shin Bet [les services secrets israéliens, NDLR], pourtant très poussée, n’est parvenue à trouver aucune structure opérationnelle derrière l’assassinat des deux policiers, le 14 juillet. Cette action n’a d’ailleurs pas été revendiquée. Les assaillants n’avaient aucun antécédent, n’étaient affiliés à aucun groupe d’action violente, preuve qu’ils s’inscrivent bien dans la logique basiste de l’intifada dite « des couteaux » [appelée par les Palestiniens « l’intifada de Jérusalem », NDLR]. Côté israélien, la provocation évidente que constitue la mise en place des portiques correspond plus à une logique de politique intérieure qu’à une volonté belliqueuse.
La suite ici : Portiques à Jérusalem : « Les causes de la colère palestinienne sont toujours là » – L’Obs

26.07.17

Istacec

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