Post-vérité ou petits mensonges ?



A force de se multiplier, les fake news sont désormais vues comme des ennemies de la démocratie. De l’interdit libérateur à la manipulation grossière des populistes, existe-t-il un bon et un mauvais menteur ?






Que nous impose la réalité alternative, ou la «post-vérité», sinon de redéfinir notre rapport au mensonge ? Existe-t-il divers degrés de mensonge ? Jusqu’à quel point est-on en droit de mentir ? La question travaille chercheurs et essayistes. En témoigne l’abondance d’ouvrages qui paraissent sur ce sujet. Une nouvelle traduction du Droit de mentir d’Emmanuel Kant (Cerf) suggère un retour sur la controverse opposant le philosophe allemand au Français Benjamin Constant. Existe-t-il, de droit et non de fait, un mensonge légitime ? La question va opposer les deux penseurs au XVIIIsiècle. Kant voit la vérité comme la condition même de tout échange entre les hommes. Face à lui, Constant estime qu’une société n’est pas possible en vertu du seul principe de vérité

Et si, en politique, le mensonge offrait davantage de perspectives que les simples faits, comme la possibilité de repenser la démocratie autrement qu’en termes de vérité ? «Le mensonge, conçu comme une stratégie et non un impératif, peut avoir des vertus émancipatrices», explique le sociologue et philosophe Manuel Cervera-Marzal, auteur de Post-vérité : pourquoi il faut s’en réjouir, aux éditions le Bord de l’eau (lire p. 24). On cache la vérité à ses électeurs et à ses partisans, à ses ennemis aussi, pour préserver la cohésion de ses relations. Le mensonge est «un instrument relativement inoffensif dans l’arsenal de l’action politique», écrit Hannah Arendt dans la Crise de la culture.

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9.02.19

Istacec

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