« Pour ne pas se désintégrer, une société doit parfois oublier son passé »


Oublier son passé

Pour beaucoup de lecteurs dans le monde, Kazuo Ishiguro, c’est d’abord une image inoubliable, celle d’Anthony Hopkins interprétant le rôle du majordome vieillissant dans l’adaptation de son livre le plus célèbre, « les Vestiges du jour », par le réalisateur anglais James Ivory.

Qui aurait parié une livre sterling que le romancier des majordomes sophistiqués situerait son nouveau livre dans une Angleterre livrée aux ogres et aux dragons, aux folles superstitions et aux mythologies ancestrales ?

(…)

Pensez-vous qu’on puisse réellement établir un parallèle entre des sociétés humaines très primitives, et la civilisation avancée que nous connaissons aujourd’hui?

Oui, j’en suis persuadé. Toute société, à mon avis, se fonde sur une dissimulation collective. Qu’il s’agisse de l’esclavage, ou du colonialisme, ou de la Seconde Guerre mondiale. Prenez l’Afrique du Sud. Pour éviter la guerre civile, et faire en sorte que les gens puissent vivre ensemble, ils ont dû en passer par une sorte d’amnésie volontaire. C’est pourquoi il n’y a pas eu, à la fin de l’apartheid, ce bain de sang qu’on pouvait craindre. Et, de même, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, des pays comme l’Allemagne, ou le Japon, ou la France ont été obligés d’oublier les méfaits des uns et des autres.

L’intégrale dans « Pour ne pas se désintégrer, une société doit parfois oublier son passé » – Bibliobs – L’Obs

Ana

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