Pour une République européenne : De quelle Europe le monde a-t-il besoin ?






Pour le sociologue Alain Caillé, l’ingénieur Thierry Salomon et le philosophe Patrick Viveret, la construction d’une méta-nation, une nation de nations, sous la forme d’une République Européenne,  est а même de relever le triple défi actuel du dérèglement climatique, de la lutte contre les inégalités et de l’enjeu démocratique.




L’humanité est désormais confrontée au triple défi du dérèglement climatique, de l’explosion des inégalités et de l’érosion des valeurs humanistes et démocratiques engendrant un processus de dé-civilisation. C’est dans ce contexte qu’il faut réfléchir à l’avenir de l’Europe en se demandant comment affronter ces défis, mais aussi de quelle Europe le monde a besoin. Or le projet européen ne fait plus rêver.

En dépassant les frontières des Etats-nations, il devait garantir une paix perpétuelle. En créant un grand marché il devait assurer la prospérité économique. En réalité l’Europe est divisée entre six ou sept blocs, aux contours instables, aux intérêts divergents et la règle de l’unanimité au sein de l’UE interdit toute avancée significative. Affaiblie face aux marchés financiers et aux paradis fiscaux, face aux Etats-Unis, à la Russie, à la Chine et aux puissances émergentes, l’Europe ne parle plus au monde et ne se parle même plus à elle-même.

Bien sûr, l’Europe a toujours avancé lentement. Mais nous n’avons plus le temps, pour au moins trois raisons. Tout d’abord, si les peuples restent attachés à l’euro, partout la colère gronde en Europe contre la dégradation des conditions d’existence. Contre le vide de sens et l’absence d’un projet mobilisateur. Ensuite, c’est dès aujourd’hui qu’il faut impulser une transition écologique et énergétique.

L’Europe a cru pouvoir dépasser la forme de l’Ėtat-nation. Or, partout dans le monde ce sont les nations qui s’affirment et s’affrontent, y compris à nouveau à l’intérieur même de l’Europe. Le cadre national est en effet le seul à ce jour où, dans les sociétés modernes, les citoyens se sentent solidaires les uns des autres, protégés et rassurés par cette solidarité. Pour autant, il serait dangereux de vouloir en revenir aux formes traditionnelles de la nation qui reposaient sur l’identité imaginaire entre unpeuple, unterritoire, unelangue, uneculture et unereligion.

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2.05.19

Istacec

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