«Pourquoi la crise du coronavirus est une bombe à retardement pour le climat»




 A long terme, cette crise sera une catastrophe pour le climat. Bien sûr il existe des effets positifs de court terme pour l’environnement : la pollution atmosphérique a atteint des niveaux planchers dans la plupart des villes confinées, et les émissions mondiales de gaz à effet de serre sont à la baisse depuis janvier. Mais sur le long terme, ces effets seront vraisemblablement insignifiants.


Une ritournelle qu’on entend beaucoup, ces jours-ci, vante les mérites du coronavirus pour l’environnement. Le ciel est plus bleu, l’air est plus pur, les oiseaux reviennent dans les villes et les cygnes sur les canaux de Venise… « La nature reprend ses droits », disent les uns. « La crise est une bonne nouvelle pour le climat », disent les autres. Et beaucoup d’enfoncer – de bonne foi – une évidente porte ouverte : « On devrait appliquer au changement climatique les mêmes mesures que celles qu’on prend face au coronavirus ».

Ce serait commettre une grave erreur. Je passe rapidement sur l’indécence qu’il y aurait à se réjouir des bénéfices environnementaux de la crise actuelle, devant la détresse de nombreuses familles face à la maladie ou au confinement, sans même parler du dévouement des personnels de première ligne.

Tout d’abord, les émissions de gaz à effet de serre ont toujours tendance à rebondir, après une crise. On le voit déjà en Chine, où l’activité industrielle a déjà repris, comme on l’avait vu après la crise économique de 2008-2009. Le climat a besoin d’une baisse soutenue et régulière des émissions de gaz à effet de serre, pas d’une année « blanche ». Le changement climatique est un problème d’accumulation des gaz à effet de serre au cours du temps : quelques semaines de confinement n’y changeront rien.

Ensuite, une fois la crise passée, les gouvernements devront injecter des milliards d’euros, de dollars et de yuans pour relancer l’économie. Ils disposeront d’un instrument massif de planification économique, inédit dans l’Histoire récente. Mais au lieu d’un « Green New Deal », beaucoup préféreront tendre une bouée de sauvetage à l’industrie fossile. Le Canada a déjà annoncé un plan de relance de son industrie pétrolière et gazière. La Chine envisage déjà la construction de centaines de nouvelles centrales à charbon pour relancer la machine industrielle. Et après le vote d’un plan de relance à 2.000 milliards de dollars par le Congrès américain, les cours de bourse des compagnies pétrolières, aériennes et des croisiéristes se sont envolés.

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29.03.20

Istacec

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