Poutine prisonnier d’Assad en Syrie


Poutine prisonnier

Le régime Assad refuse et refusera, sabote et sabotera toute forme de transition qui pourrait compromettre son pouvoir absolu. Un rapport de forces est dès lors indispensable pour le contraindre à un cessez-le-feu, et a fortiori à des négociations de substance. Or les États-Unis et leurs alliés européens ont abdiqué toute politique authentiquement syrienne au profit du seul combat contre Daech. S’étant ainsi exclus du jeu syrien, ils pourront éternellement attendre que le Kremlin, seul maître de ce jeu, le débloque par une action déterminée sur le régime Assad.


Le Kremlin est en train d’apprendre en Syrie qu’il est plus facile de gagner la guerre que la paix au Moyen-Orient. L’intervention directe de la Russie, depuis septembre 2015, est en effet une indéniable réussite militaire puisque, pour un engagement limité à quelque cinq mille hommes et des pertes de l’ordre de quelques dizaines de tués, Moscou est non seulement parvenu à sauver le régime Assad, mais aussi à s’imposer au cœur de l’équation régionale. Il est cependant tout aussi clair que Vladimir Poutine reste incapable de transformer ces acquis militaires en percée politique, tant cette incapacité est fondamentalement liée à la nature même du régime Assad.

La langue arabe possède un mot difficilement traduisible pour décrire la relation de dépendance paradoxale qui s’est créée entre le « faible » régime syrien et la « puissante » Russie. Ce mot tawrît renvoie à la forme active de l’engrenage où le « faible » attire à son profit le « puissant » dans une intervention qui paraît mutuellement profitable, mais dont en fait le « faible » tire sur la durée le plus grand profit. Hafez al-Assad était passé maître dans l’art « d’engrener » l’URSS au nom de la guerre froide: il avait ainsi mis en avant la menace de l’invasion israélienne du Liban, en 1982, pour obtenir un soutien massif de Moscou, avec un doublement des forces armées syriennes, dopées par du matériel de dernière génération et appuyées par des milliers de conseillers soviétiques.


La suite ici : Poutine prisonnier d’Assad en Syrie

13.02.18

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.