Privatiser l’imaginaire, le terrifiant fantasme des industries culturelles


imaginaire

Ne plus rien pouvoir écrire, jouer, filmer, sans autorisation. N’avoir plus d’autre choix que de passer en caisse. Ce qui est drôle, c’est que cette « protection » se fait souvent au nom de celle des auteurs – après tout nous sommes de petites bêtes si fragiles, si précaires… Dans ce monde, les auteurs n’ont plus aucun autre droit que celui de céder les leurs à des sociétés tierces. Et ce sont ces sociétés qui en tirent les bénéfices.


Depuis 2011, l’auteur et éditeur français Neil Jomunsi évoque son travail et ses à-côtés sur son blog page42. Il y décortique notamment l’évolution du métier d’écrivain à l’ère numérique. Dans un récent article, il s’alarme des évolutions récentes du droit d’auteur, et de l’idée selon laquelle on pourrait protéger juridiquement non seulement les œuvres, mais aussi les personnages de fiction, et tout l’univers développé par un auteur. Nous retranscrivons ci-dessous l’intégralité de ce texte.

J’ai dû pour la première fois entendre parler du « Monde des Idées » de Platon en terminale. Je me souviens que rien ne me semblait à l’époque plus stupide que d’imaginer que quelque part – dans un Ailleurs inaccessible et un Quand indéfinissable – flottaient ce que le philosophe désignait sous le nom d’Idées : en somme des archétypes, des modèles, desquels découlaient tout ce que nous connaissions. Prenez ce cheval qui s’ébroue tranquillement de l’autre côté de la route (c’est une image, ne traversez pas, c’est sans doute une clôture électrique). Eh bien ce cheval n’est que la déclinaison terrestre de l’Idée même de Cheval – concept intrinsèquement parfait et indépendant de ses « variations » de chair et d’os. Ça semble idiot, pas vrai ? Et pourtant…
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27.08.17

Ana

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