Projet de taxe automobile à Bruxelles : qui est contre l’intelligence ?



Difficile de voir l’intérêt général quand il s’oppose à son intérêt personnel ! Voilà ce que trahissent les réactions outrées face au projet de taxe automobile intelligente à Bruxelles. Elles illustrent un vieil adage, selon lequel « le bon impôt est un vieil impôt ». L’opinion publique s’est habituée aux taxes prélevées depuis belle lurette, mais s’insurge contre une nouvelle taxe.


La « taxe kilométrique intelligente » que la Région de Bruxelles-Capitale envisage d’adopter atteste de la désolante actualité de cet adage. Pour rappel, à la taxe de mise en circulation et à la taxe annuelle de circulation se substituerait une taxe proportionnelle au nombre de kilomètres parcourus. Cette taxe serait également modulée en fonction de l’heure (et du jour) de circulation et de la puissance fiscale du véhicule.

Le projet a, parmi d’autres, suscité l’ire d’élus wallons. L’un a parlé de « racket » commis par Bruxelles. Un autre a menacé, en représailles, de délocaliser « ses » fonctionnaires encore hébergés à Bruxelles. Voilà qui est affligeant. Pour le voir, posons une suite de trois questions. N’y a-t-il pas consensus pour se préoccuper de la pollution de l’air, qui tue des centaines de Bruxellois chaque année, et des embouteillages aux heures de pointe ? N’est-il pas préférable de taxer un véhicule qui roule, et de ce fait pollue et encombre, à taxer un véhicule à l’arrêt ? N’est-il donc pas intelligent, maintenant que la technologie rend la chose possible, de passer d’une taxation forfaitaire à une taxation différenciée en fonction des effets négatifs (ou « externalités ») que l’on cherche à réduire ? Ce que demande l’intérêt général est donc une évidence.

Bien sûr, changer pour un mieux collectif n’empêche pas qu’il y ait des perdants individuels, et c’est une des difficultés du nécessaire alourdissement des taxes environnementales. Ainsi, taxer le kérosène est hautement souhaitable, même si le migrant et l’expatrié auront à en souffrir plus que celui qui peut aisément choisir un lieu de villégiature à proximité. Que faire alors ? C’est simple : réformer et accompagner ceux que, parmi les « laissés-pour-compte » du changement, nous estimons devoir être accompagnés.

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26.10.20

Istacec

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