Protéger les lanceurs d’alerte: un impératif qui nous concerne tous



 




La personnalité d’Assange et les griefs que l’on peut ou non lui adresser n’ont aucune importance. Comme l’écrit James Ball, il ne faut pas aimer Assange pour défendre ce qu’il représente. Et ce qu’il représente, ce sont les libertés fondamentales de la démocratie : information, opinion, expression. Mais au-delà, d’autres questions se posent, dont Assange et les lanceurs d’alerte sont l’illustration.




 

Tout le monde est d’accord pour dire que la loyauté est cruciale. Sans doute. Mais rares sont ceux qui voient que la loyauté devient une connerie absolue lorsqu’elle n’est pas réciproque. Dans la mafia, dans les régimes totalitaires, le sommet exige la loyauté de tous en échange d’une protection illusoire, qui peut être retirée à tout moment si les circonstances l’imposent. Ce n’est pas de la loyauté ; c’est de la soumission.

La vision conservatrice qui s’attaque aujourd’hui aux lanceurs d’alerte dit : « Les gens doivent respecter la loi, donc la loi doit respecter la loi. Mais si les gens ne respectent pas la loi, celle-ci peut ne plus les respecter. » La vérité devrait être que les gens ne doivent respecter la loi que si la loi et les institutions les respectent.

Or, ce qui choque particulièrement les dirigeants de ce monde dans les actions des lanceurs d’alerte, comme le soulignait Geoffroy de Lagasnerie, c’est l’atteinte à ce privilège exorbitant que leur offre le pouvoir : savoir des choses que le commun des mortels ignore. Ils sont de celles et ceux qui attendent des autres une parfaite loyauté. L’État exige de ses citoyens qu’ils soient loyaux – de même que les grandes entreprises; un État de droit se doit d’assurer la réciprocité de cette loyauté.

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14.05.19

Istacec

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