«Quand la police menace le droit d’informer»









A-t-on le droit de filmer ou photographier des policiers en intervention ? S’agit-il de journalisme ou d’une atteinte à la vie privée ? C’est ce que va devoir déterminer le tribunal de première instance de Bruxelles. Ce 3 octobre, les organisateurs d’une exposition de photographies, intitulée Don’t shoot, sont appelés à se défendre en justice sur plainte de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles et de quatre de ses membres. Les policiers considèrent que leur droit à l’image a été violé, ainsi que leur droit à l’honneur et à la réputation, parce qu’ils apparaissent sur des photos qui les montrent dans l’exercice de leurs fonctions.



Cette exposition, coorganisée par le collectif de photographes Krasnyi, la Ligue des Droits Humains, Zin TV et le photographe Frédéric Moreau de Bellaing, a été présentée à Bruxelles en novembre 2018. Elle voulait illustrer et mettre en débat les atteintes aux libertés de manifestation et d’expression dont sont victimes des mouvements sociaux, des journalistes, ou encore des personnes migrantes ou des militant·e·s.

Riche d’un grand nombre de photographies et de plusieurs vidéos, l’exposition soulève des questions sur les techniques de maintien de l’ordre, l’usage des armes dites « à létalité réduite », l’identification des fonctionnaires de police ou encore le droit de filmer la police. Le point de vue y est indéniablement journalistique, en ce que l’exposition se voulait certes artistique et pédagogique, mais était également enrichie par des textes qui précisent le contexte des images et en soulignent les enjeux.

Au vu du caractère d’intérêt général de ces images et de la nécessité d’un débat public sur ces questions (pensons, entre autres, aux nombreuses manifestations des « Gilets Jaunes »), l’Association des Journalistes Professionnels (AJP) et la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ) considèrent que ce procès constitue une menace préoccupante pour la liberté d’informer. Ce procès intervient dans un contexte où les limitations abusives du travail de la presse se multiplient, que ce soit par des actions judiciaires ou lors de prises d’images sur le terrain.

La suite ici  : Carte blanche: «Quand la police menace le droit d’informer»

3.10.19

Istacec

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