Quand la vérité est un atout dans la guerre


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Depuis que les opposants démocratiques syriens ont été marginalisés par les djihadistes, les journalistes internationaux et les enquêteurs d’organisations de défense des droits humains peinent à maîtriser le front de « l’information ». Ils souffrent des risques immenses des reportages sur le terrain, de la difficulté de valider les vidéos venues de multiples sources non professionnelles, voire de groupes djihadistes, et de la propagande russo-syrienne. Mais, et on n’en parle moins, ils sont aussi affaiblis par les répercussions à long terme du recours des démocraties occidentales à la propagande et à la manipulation.


Depuis la dénonciation d’une nouvelle attaque chimique le 7 avril en Syrie, suivie de raids des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni, la polémique sur la véracité de l’information fait de nouveau rage. Les pays occidentaux tonnent, accusant le régime syrien et ses alliés russes. Et ces derniers ripostent. « Montage, intox, aucune preuve », clament-ils. Circulez, il n’y a rien à voir. Comme il n’y a rien à voir dans l’empoisonnement de l’ex-agent russe Skripal en Angleterre. Ou dans la destruction de l’avion de la Malaysia Airlines au-dessus de l’Ukraine…

En Occident, personne ne doute que la Russie est passée maître dans la « weaponisation » (arsenalisation) de l’information. « Le but n’est pas d’établir la vérité, mais de créer la confusion », dit en substance une récente étude de la Rand Corporation. Afin que l’opinion se dise, désabusée : « Tout le monde ment ». Le conflit syrien a exacerbé ce règne de la suspicion. Le régime s’appuie sur un réseau d’officines de ré-information et « d’invités spéciaux », qui encombrent le Net, pour relativiser ses barbaries. Il exploite aussi les doutes distillés par de célèbres journalistes occidentaux, comme Seymour Hersh dans la London Review of Books et Robert Fisk dans The Independent, à propos de l’origine voire de la réalité des attaques chimiques.


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30.04.18

Istacec

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