Quand les intellectuels s’égarent







La montée des populismes et « la dérive vers une forme étriquée de nationalisme ethnique », confirmées par le scrutin européen du 26 mai, ont été accompagnées par des intellectuels, ou prétendus tels. Si certains d’entre eux s’opposent aujourd’hui aux populismes, d’autres, au contraire, les confortent par leurs réflexions ambiguës sur « l’identité malheureuse » ou leur stigmatisation péremptoire de la bien-pensance, de la repentance ou du « droit-de-l’hommisme ».



Ils sont encensés pour la brillance de leur esprit. Leurs livres ou leurs articles ont parfois même le statut de textes sacrés. Les médias les interviewent et les invitent sans compter. Et pourtant, souvent ils s’égarent. Dans les années 1920, Julien Bendaparla fameusement de la « trahison des clercs», cette tentation récurrente des intellectuels, car il s’agit bien d’eux, de s’emballer pour des idéologies glauques et des satrapies ténébreuses.

Pendant des décennies, le stalinisme subjugua de grands intellectuels parisiens, un temps ou longtemps, de Louis Aragon à Jean-Paul Sartre, alors que Victor Serge et David Rousset avaient déjà dénoncé l’univers totalitaire soviétique. Plus tard, d’autres brillants esprits furent saisis d’une passion sidérante pour la Révolution culturelle chinoise, alors que Simon Leys, comme le rappelle Philippe Paquetdans la biographie qu’il lui a consacrée (Gallimard, 2016), les avait avertis de la tyrannie qui y sévissait. « Les idiots disent des idioties comme les pommiers produisent des pommes », avait-il lancé à l’adresse des « maos ».

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25.07.19

Istacec

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