Renzi : les fourberies de Matteo








« En politique, il y a une seule chose pire que la scission, c’est le chantage », disait Renzi quand il dirigeait le PD. Notre homme a donc évité le pire — encore que — puisqu’il a choisi la scission qu’il préparait depuis des mois. En fait, depuis qu’il n’était plus aux commandes du parti et du gouvernement, après sa lourde défaite aux élections législatives de mars 2018 qui avaient porté au pouvoir les Cinque Stelle et de la Lega.




Le parcours de Matteo Renzi est celui d’un homme obsédé par son pouvoir personnel . Cet « homme pressé » issu du scoutisme catholique et de la culture démocrate-chrétienne (celle qui fut violemment anticommuniste) a rapidement grimpé les échelons des différentes formations qui ont incarné le centre gauche à partir de 1996, quand Romano Prodi dirigeait la coalition de « L’Olivier ». Maire de Florence en 2009, le jeune toscan va vite. Il investit le Parti Démocrate pour le diriger. Après un échec face à Bersani, il remporte les primaires du PD dont il devient le secrétaire général en 2013.

C’est l’époque où il prône et met en application la « rotomazione » (littéralement la « mise à la casse ») des dirigeants du centre gauche, issus du PCI. On a oublié le succès que Renzi rencontra, alors, auprès de l’intelligentzia italienne postcommuniste et même des vieux militants du PCI qui voyaient en lui le sauveur du « parti ». Ce parti, qui pour eux, quelle que soit son évolution politique de plus en plus inspirée par le blairisme, demeurait LE Parti, héritier de leurs illusions perdues. Le soutien des uns et des autres a laissé des images et des mots qui laissent pantois. Mais Renzi ne se contente pas de mettre à la retraite les anciens dirigeants historiques de la gauche, il s’en prend aussi à ses concurrents et amis. En décembre 2013, il conquiert donc le secrétariat général du parti et assure le Premier ministre PD Enrico Letta de son soutien. Deux mois plus tard, sans aucune consultation électorale, Renzi remplace Letta par le seul vote de la direction du PD. Et cela, sans véritable conflit politique : les deux hommes sont des sociaux libéraux bon teint.

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20.09.19

Istacec

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