Richard Stallman, le RGPD et les deux faces du consentement


Richard Stallman

L’analogie entre le droit des données personnelles et le droit du travail est tout sauf fortuite, car les utilisateurs des plateformes sont intrinsèquement des « travailleurs de la donnée » et leur situation appelle des mécanismes de protection modelés selon les principes du droit social. De ce point de vue, une lecture « travailliste » du RGPD n’est pas impossible, mais il faudra aller défendre en justice ce « principe de faveur en puissance » que le texte porte en lui.


Richard Stallman, figure emblématique du mouvement du logiciel libre, a publié cette semaine dans The Guardian une tribune dans laquelle il réagit au scandale Facebook/Cambridge Analytica, en élargissant la perspective à la problématique de la surveillance.

Pour lui, le problème ne vient pas de Facebook en particulier, mais du fait que la législation sur la protection des données personnelles ne va pas assez loin : il ne s’agirait pas en effet de réguler simplement l’usage des données, mais de poser d’abord un principe général d’interdiction de la collecte des informations relatives aux individus.

La surveillance qui nous est imposée aujourd’hui excède largement celle qui avait cours en Union soviétique. Pour le salut de la liberté et de la démocratie, nous devons l’éliminer en grande partie. Il y a tellement de façons d’utiliser les données d’une manière préjudiciable pour les individus que la seule base de données sûre est celle qui n’en aura jamais collecté. C’est pourquoi, au lieu de l’approche européenne qui consiste seulement à réguler comment les données personnelles peuvent être utilisées (avec le Règlement Général de Protection des Données ou RGPD), je propose une loi qui interdirait aux systèmes de collecter les données personnelles.


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9.04.18

Ana

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