La Silicon Valley est-elle à la tête d’un empire colonial?


empire colonial

Le cybercolonialisme est « la politique ou la pratique permettant l’acquisition du contrôle total ou partiel du cyberespace d’un autre pays, occupant ce dernier par des technologies et des composants, servant des intérêts étrangers et l’exploitant économiquement ». En d’autres termes, l’appropriation sauvage dont la Silicon Valley se rend coupable, c’est celle de nos données qui, dans un monde ultra connecté, deviennent plus ou moins l’équivalent de notre inconscient collectif. On pourrait presque dire que les Gafa occupent et exploitent nos cerveaux.


La « seamless experience » (« expérience sans couture », ndlr) promise par la Silicon Valley se fait au prix d’un lobbying politique et commercial intense, et au mépris des conditions de travail de ceux qui fabriquent les iPhones ou modèrent les contenus sur Facebook. De plus en plus de voix s’élèvent ainsi pour dénoncer une forme d’impérialisme, voire de colonialisme. Si l’on est bien loin des dégâts causés par le colonialisme européen, ce terme constitue une grille de lecture intéressante pour analyser les relations de pouvoir à l’œuvre dans la tech industrie.

C’est dans une salle de l’Assemblée nationale, en janvier 2017, que la formule est lancée : « La France pourrait devenir une colonie des Gafa » tonne Laurent Alexandre, prenant de court les députés qui l’interrogent. Le chirurgien spécialiste de l’intelligence artificielle est un habitué des déclarations choc, mais parler de la France comme un pays inféodé aux Gafa fait grincer des dents l’auditoire et donne du grain à moudre aux déclinistes. Laurent Alexandre n’est pourtant pas le premier à employer le terme de « colonie » en parlant des géants du numérique. Anjuan Simmons, un développeur américain qui milite pour l’inclusion des minorités et des femmes dans la tech, écrit ainsi en 2015, dans un article intitulé « Technology colonialism », que la technologie vendue par la Silicon Valley est une « arme culturelle de domination ».

Le soubassement de cette comparaison, c’est que les produits et services des Gafa et des Natu, en devenant indispensables aux consommateurs partout sur la planète – à l’exception peut-être des Nord-Coréens –, ont acquis une capacité d’influence sans équivalent dans le monde, créant de multiples systèmes de dépendance (à la fois économiques, politiques et culturels) sur lesquels ils prospèrent.


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30.11.17

Istacec

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