Syrie: la tentation de la normalisation de Bachar el-Assad





La tentation de rétablir les relations diplomatiques avec le régime gagne aussi l’Europe. Des contacts sont tissés en coulisses avec des caciques du régime. Le chef des services secrets syriens Ali Mamelouk, sous le coup de sanctions internationales, s’est rendu à Rome en janvier 2018, révélait le journal Le Monde deux mois après cette visite. L’idée qu’une stabilisation de la Syrie d’Assad permettrait d’éradiquer le foyer du terrorisme trouve de plus en plus d’échos sur le vieux continent. 



Victorieux dans la guerre syrienne grâce au soutien indéfectible de ses alliés russes et iraniens, le président syrien sort chaque jour un peu plus de son isolement diplomatique.

Si aucun agenda n’a encore été dévoilé par Riyad quant à une éventuelle réactivation de ses services de chancellerie, les officiels saoudiens n’en font plus mystère: ils souhaitent renouer avec les autorités syriennes. Dans un tweet en mars 2018, le prince héritier Mohammed ben Salmane actait pour la première fois la victoire du président syrien et définissait la nouvelle stratégie du royaume en Syrie: «Assad reste au pouvoir et nous espérons qu’il ne deviendra pas une marionnette dans les mains des Iraniens.»

La victoire de Bachar el-Assad consommée, l’Arabie saoudite veut à tout prix empêcher que le pays ne finisse dans le giron de Téhéran avec qui elle a rompu ses relations diplomatiques en 2016. Le royaume wahhabite –une branche radicale du sunnisme– et le régime des Mollahs chiite se livrent une guerre d’influence dans la région depuis des années. «En rétablissant leurs relations, certains pays, notamment ceux du Golfe, espèrent sans doute se substituer à l’influence iranienne en Syrie», analyse Frederic Hof, spécialiste du Moyen-Orient à l’Atlantic Council, ancien conseiller spécial au département d’État sur le dossier syrien.

Le régime des mollahs a déployé 2.000 à 3.000 combattants sur le sol syrien issus essentiellement des forces Al-Qods, engagées aux côtés de l’armée de Bachar el-Assad et d’une kyrielle de milices chiites, dont le puissant Hezbollah libanais. La Syrie pourrait même réintégrer la Ligue arabe lors de sa réunion annuelle prévue à Tunis en mars. Lors du déclenchement de la révolution syrienne, dix-huit pays sur vingt-deux avaient voté, en novembre 2011, la suspension de la Syrie de la Ligue arabe. Ces mesures, comme les multiples condamnations du Conseil de sécurité des Nations Unies, n’ont pas eu raison de la détermination du régime à se maintenir au pouvoir. Après une répression sanglante des manifestations, suivie d’une campagne militaire implacable contre les zones rebelles, Bachar el-Assad est in fine parvenu à reconquérir les deux tiers du territoire syrien et la kyrielle de groupes insurgés soutenus par les puissances sunnites.

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21.02.19

Istacec

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