Yascha Mounk : « Nous vivons dans un système raisonnablement libéral mais insuffisamment démocratique »


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Grand entretien avec Yascha Mounk, auteur de « Le peuple contre la démocratie » (éd. de l’Observatoire). Le professeur à Harvard porte dans ce livre une analyse stimulante de la montée des populismes et du déclin de la démocratie libérale. « Les valeurs libérales de pluralisme, de garantie des droits, de protection des libertés fondamentales sur lesquelles s’est construite la démocratie moderne se trouvent en effet forcloses de cette dernière, au profit de régimes de plus en plus unanimistes et illibéraux. À l’inverse, les instances technocratiques qui entendent préserver les libertés humaines ou économiques estiment avoir de moins en moins de comptes à rendre aux peuples souverains. »

 


Ces dernières décennies, la plupart des chercheurs en sciences sociales présumaient que ce qu’ils appelaient la « consolidation démocratique » fonctionnait à sens unique : une fois qu’un pays devenu relativement prospère avait plusieurs fois changé de gouvernement suite à des élections libres et transparentes, l’avenir du système politique était garanti. Dans des pays comme la France, la Suède ou les États-Unis, la démocratie était en sécurité pour l’éternité, croyait-on.

Il y a quelques années, j’ai commencé à constater que bien des démocraties occidentales ne présentaient plus les caractéristiques qu’on attend des démocraties consolidées. Dans ces dernières, la plupart des citoyens sont censés accorder une importance énorme au fait de vivre en démocratie. Pourtant, si c’est encore le cas des deux tiers des Américains nés dans les années 1930 et 1940, seul un tiers des plus jeunes, nés à partir de 1980, pensent aujourd’hui de même.

Dans les démocraties consolidées, la plupart des citoyens devraient rejeter d’emblée les alternatives autoritaires à la démocratie. Pourtant, dans un grand nombre de pays d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest, les sondages indiquent que leurs citoyens sont prêts à flirter avec des alternatives au statu quo ouvertement autoritaires. En France, par exemple, une personne sur quatre était, à la fin des années 1990, favorablement disposée envers « un homme fort qui serait débarrassé des contraintes du Parlement et des élections ». En 2016, c’était une sur deux.

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4.09.18

Istacec

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