Théorie du ruissellement : on ne prête qu’aux riches


ruissellement

 

Ce supposé effet de ruissellement comporte évidemment un angle mort, immédiatement visible : d’où vient cet argent que l’on donne aux plus riches ? Pour pouvoir baisser certains impôts ne faut-il pas en augmenter d’autres ?  Avec pour résultat d’opérer un transfert de pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires vers les catégories les plus favorisées. Dans l’espoir, hypothétique, d’augmenter la croissance, qui pour l’instant reste en berne.

 

 


Le ruissellement n’a de théorie que le nom, ses mécanismes n’ont jamais été validés scientifiquement. Mais l’idée continue de faire florès, bien qu’ils s’en défendent, chez certains politiques et « experts » des chaînes d’info continue. Arnaud Parienty, professeur agrégé de sciences économiques et sociales, analyse cette théorie comme un mythe, c’est-à-dire une construction imaginaire largement partagée. Explications.

« Théorie » est un bien grand mot pour qualifier cette croyance qui n’a justement guère de fondements théoriques. Aucune école de pensée ne s’en réclame, aucun article universitaire ne porte ce nom. Tout au plus s’agit-il d’une idée fondée sur des mécanismes plutôt vagues qui voudraient qu’en baissant les impôts des plus riches on crée de la croissance : les bénéficiaires vont dépenser cet argent, investir, et par conséquent générer de la croissance et des emplois. Tant et si bien que cet argent qu’on leur donne va finir par « ruisseler » jusque dans la poche des pauvres et des classes moyennes. Au bout du compte, tout le monde est gagnant.

Ce supposé effet de ruissellement comporte évidemment un angle mort, immédiatement visible : d’où vient cet argent que l’on donne aux plus riches ? Pour pouvoir baisser certains impôts ne faut-il pas en augmenter d’autres ? C’est tout le débat actuel, en France, autour des « cadeaux » fiscaux accordés par Emmanuel Macron et son gouvernement à l’automne 2017, réforme de l’impôt sur la fortune et forte diminution de la taxation des revenus du capital. Dans le même mouvement, n’avez-vous pas été contraints d’augmenter la CSG, les taxes sur les carburants et le tabac, relèvent leurs détracteurs, c’est-à-dire des impôts payés principalement par les plus modestes ? Avec pour résultat d’opérer un transfert de pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires vers les catégories les plus favorisées. Dans l’espoir, hypothétique, d’augmenter la croissance, qui pour l’instant reste en berne.

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15.12.18

 

Istacec

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