«Tracing: attention aux exploitations non désirables de nos données!»




Un arrêté royal réglementant le suivi digital des malades du coronavirus vient d’être rendu public. Cet arrêté préfigure un nouveau texte de loi. Plusieurs juristes et informaticiens émettent une série d’objections par rapport à son contenu et se disent inquiets pour la protection des données à caractère privé.


S’il est un ensemble de technologies que la crise sanitaire aura clairement mis à l’honneur, ce sont toutes celles se situant au carrefour du digital et des télécommunications. Nos vies professionnelles et nos vies académiques ont pu se poursuivre tant bien que mal sur les réseaux sociaux et les multiples applications de vidéoconférences.

Les épidémiologistes, à l’aide du suivi des données de contamination et autres, et en en nourrissant des logiciels de modélisation épidémique, ont pu surveiller et surtout anticiper au plus près la courbe des infections et l’occupation des hôpitaux. C’est l’informatique qui, en partie, aura décidé de la date du démarrage, de la montée en puissance d’une semaine à l’autre, et des obligations comportementales, qui caractérisent le déconfinement en cours.

Mais ce sont justement ce déconfinement et son accompagnement digital qui se trouvent être la raison de cette carte blanche. Cette surexploitation informatique pose de nouveaux problèmes auxquels nous, informaticiens et juristes, dépassés et effrayés par la mise en place accélérée du traçage manuel et numérique, réalisée en l’absence d’un véritable débat démocratique, souhaitons sensibiliser le public.

Tout d’abord, réjouissons-nous de la prudence des autorités par rapport au basculement dans une régulation technologique potentiellement très intrusive et invasive (l’application Bluetooth sur smartphone) dont l’essai grandeur nature apparaissait d’autant plus problématique que des doutes importants ont été émis sur l’efficacité et la sécurité d’une telle application. Le débat se poursuit cependant en France et en Europe. Restons sur nos gardes.

10.05.20

Istacec

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