Trump ou l’économie du déficit 






La redistribution des richesses de la base vers le sommet vient réduire la demande globale, puisque les plus riches dépensent une moindre part de leurs revenus que les moins fortunés.  Les déficits budgétaires colossaux accumulés par Trump ont par ailleurs conduit à des déficits commerciaux tout aussi conséquents, bien supérieurs à ceux de l’ère Obama, dans la mesure où les États-Unis ont dû importer des capitaux pour financer l’écart entre l’épargne domestique et l’investissement.


Dans ce nouveau monde auquel nous a habitués le président américain Donald Trump, où les chocs se succèdent à un rythme effréné, le temps nous manque pour songer pleinement aux conséquences des événements dont nous sommes bombardés.

Au mois de juillet, le Conseil de la Réserve fédérale est revenu sur sa politique de rétablissement des taux d’intérêt à des niveaux plus normaux, après une décennie de taux ultra-faibles engendrés par la Grande Récession. Puis, deux nouvelles tueries de masse ont eu lieu en moins de 24 heures aux États-Unis, portant à 255 le nombre de massacres depuis le début de l’année – soit plus d’un par jour. Enfin, la guerre commerciale contre la Chine, dont Trump a tweeté qu’il s’agissant d’une « bonne chose », d’une guerre « facile à gagner », est entrée dans une nouvelle phase, plus périlleuse encore, agitant les marchés et soulevant la menace d’une nouvelle guerre froide.

Il y a bien longtemps, John Maynard Keynes expliquait qu’un resserrement soudain de la politique monétaire, en réduisant la disponibilité du crédit, était susceptible de ralentir l’économie, mais que les effets d’un assouplissement de cette politique en période de fragilité de l’économie pouvaient en revanche se révéler insignifiants. L’emploi même de nouveaux instruments tels que l’assouplissement quantitatif peut n’aboutir qu’à un impact minime, comme l’a découvert l’Europe. En réalité, les taux d’intérêt négatifs auxquels s’essayent aujourd’hui un certain nombre de pays pourraient même de manière perverse affaiblir l’économie, en raison d’effets défavorables sur les bilans, et donc sur les prêts.

La suite ici : Trump ou l’économie du déficit | by Joseph E. Stiglitz

18.08.19

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.