Trump vs. Twitter : la fin du Wild West



 


Un tweet de trop, une goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En accusant faussement de meurtre un animateur de télévision devenu sa bête noire, le président américain s’est – enfin ! – retrouvé taclé par Twitter. C’est la guerre, et la fin d’une fiction entretenue par les réseaux sociaux pour justifier leur passivité.

 


On aura failli attendre. Quatre ans (voire plus) que Donald Trump et les républicains ont transformé les réseaux sociaux en machines de guerre, à insulter, à calomnier et à inciter à la violence. Quatre ans que lesdits réseaux sociaux se contorsionnent comme des acrobates du Cirque du Soleil pour ne rien faire tout en prétendant faire quelque chose. Fini de jouer, on ne rit plus.

Comme toujours avec les histoires d’accros, celle-ci s’est terminée par une overdose. Un tweet de trop. Une insinuation abominable qui, décidément, n’est pas passée. Mardi 26 mai, Twitter a pour la première fois accolé un label « Vérifiez les faits » à deux tweets de Trump affirmant que le vote par correspondance était « frauduleux ». Mais personne n’a le moindre doute sur les messages qui ont finalement fait réagir la société : des tweets ou retweets de Trump relançant des accusations de meurtre contre un animateur de la chaîne MSNBC, Joe Scarborough, devenu la bête noire de Trump.

Twitter aurait dû agir depuis longtemps, et l’on attend toujours une action similaire de Facebook. L’incident de mardi a un mérite : il met fin à cette fiction selon laquelle les réseaux sociaux sont de simples vecteurs de communication neutres et non des médias, une fable qui justifie le refus de tout contrôle et toute censure. Cela fait des années que dure la pantalonnade : Trump et les conservateurs hurlent à la discrimination et la censure de réseaux sociaux aux mains des « gauchistes » de la Silicon Valley, mais ils en ont fait le bras armé de leur propagande. Twitter est le principal outil de communication de Trump, qui compte plus de 80 millions d’abonnés, et Facebook, de sa campagne, qui y dépense plus d’argent en pub que partout ailleurs.

Pourquoi pas ? Sauf que, comme chacun le sait désormais, Twitter, Facebook & Co échappent à toutes les normes, tous les contrôles, toutes les retenues nécessaires au bon fonctionnement d’une démocratie. Et c’est justement ce qui séduit Trump : il peut s’y lâcher et exciter la rage de sa base, sans la moindre conséquence.

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29.05.20

Istacec

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