Sur Twitter, le faux plus fort que le vrai


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« L’effet le plus grave de la diffusion massive du faux, c’est de répandre un doute généralisé sur l’information, les institutions démocratiques, les savoirs scientifiques… Si tout est faux, la science aussi, on en voit le résultat avec les débats sur la vaccination ou le climat. Ne plus pouvoir faire confiance à une information vraie génère une atmosphère malsaine, susceptible de miner tout projet démocratique qui suppose une confiance. »


Sur Twitter, le faux va plus vite, plus loin, plus fort que le vrai. Un peu comme les sportifs dopés aux JO. Propos de comptoir ? Humeur de technophobe tétanisé par un ordi ? Prof de français exaspéré de voir ses élèves sur leurs portables pendant son cours ? Nenni. Démonstration savante (1), publiée dans la dernière livraison de la revue Science, l’une des revues les plus cotée dans les labos et qui consacre d’habitude ses pages à la physique, la chimie, la biologie ou les géosciences. Mais rarement aux sciences sociales. Or, elle en fait même sa Une en titrant : « comment le mensonge se propage; sur le média social, les fausses nouvelles écrasent la vérité ».

Quelques chiffres illustrent les découvertes des chercheurs. En moyenne, il faut six fois plus de temps au vrai qu’au faux pour toucher 1500 personnes. Et vingt fois plus de temps pour atteindre les dix nouveaux départs de re-tweets. La profondeur des cascades du faux s’avère bien plus importante que celle du vrai : le 1% des cascades de faux les plus diffusées se propage rapidement vers 1000 à 100.000 personnes. Les retweets de fausses informations sont en moyenne beaucoup plus nombreux que ceux des informations vraies. Le « viral » – lorsque la propagation d’une information connaît un succès à chaque nouvelle « branche » initiée par un re-tweet – caractérise le faux, quand le vrai se diffuse plan-plan. La palme revient aux fausses informations politiques : ce sont les plus virales (avec les légendes urbaines), atteignent 20.000 personnes trois fois plus vite que toutes les autres catégories de fausses informations atteignent 10.000 personnes.

La diffusion du faux sur les réseaux sociaux n’est pas un problème de sexe des anges. Cela peut coûter très cher (130 milliards de baisse de la bourse après un tweet mensonger sur l’état de santé de Barack Obama en 2013). Cela peut provoquer des réactions sociales ou politiques de grande ampleur en cas de crise économique, de désastre naturel, de situations dangereuses et plus largement pour tout débat public pesant sur une décision politique.


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10.03.18

Istacec

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