« Uber, c’est une forme radicale de capitalisme de surveillance »



 

 




C’est une forme radicale de capitalisme de surveillance. Ce qui change avec Uber, c’est que ce sont à la fois les employés de l’entreprise – les chauffeurs – et ses clients qui sont surveillés, en échange d’un service annoncé comme « plus efficace ». Uber collecte des données sur ses chauffeurs mais aussi sur ses clients !




Pendant quatre ans, l’éthnographe américaine Alex Rosenblat a sillonné les routes avec des chauffeurs Uber. Elle rend compte de cette expérience dans Uberland (Presses universitaires de Californie, 2018), un livre dans lequel elle souligne comment l’entreprise californienne contribue à réécrire les règles du travail, brouillant les frontières entre entrepreneur, employé et client.

Elle en tire la conclusion qu’Uber est l’aiguillon avancé d’un changement de paradigme dans le monde du travail, où les algorithmes deviennent les patrons. Un monde qui se plaît à « gamifier » le travail et surveiller continuellement ses employés – ou plutôt ses sous-traitants – et clients. Et à contourner en permanence les lois et les droits des travailleurs en jouant sur la dimension technologique et innovante de l’entreprise.

L’enquête que vous avez menée auprès des chauffeurs Uber a duré plusieurs années. Quelle a été votre méthode de travail ?

Alex Rosenblat : Entre 2014 et 2018, j’ai observé et interviewé de nombreux chauffeurs Uber, j’ai fait des centaines de courses dans plus de 25 villes aux Etats-Unis et au Canada. J’ai aussi passé beaucoup de temps sur les forums et dans des groupes Facebook et WhatsApp où les chauffeurs discutaient entre eux de leur quotidien et de leurs conditions de travail. Au final, j’ai suivi plus de 3 500 chauffeurs.

La suite ici : « Uber, c’est une forme radicale de capitalisme de surveillance »

23.03.19

Istacec

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