Un politicien d’extrême-droite peut-il diriger le mémorial de la Shoah à Jérusalem?



Benyamin Nétanyahou, sous le coup d’une triple mise en examen pour corruption, fraude et abus de confiance, a plus que jamais besoin des partis religieux pour garantir son avenir politique. Ceci explique les faveurs qu’il continue d’accorder à ses alliés ultra-orthodoxes, même en temps de pandémie. C’est aussi pourquoi il a décidé d’offrir à Effi Eitam, une figure de l’extrême-droite religieuse, la direction de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah installé à Jérusalem depuis 1957.


Ce projet de nomination suscite d’ores et déjà de vives protestations en Israël et dans la diaspora. Il s’inscrit dans le prolongement de polémiques récurrentes sur la volonté du Premier ministre israélien d’instrumentaliser à son profit l’histoire de la Shoah.

Yad Vashem n’a pas seulement été l’institution pionnière des musées de l’Holocauste établis par la suite dans le monde. C’est aussi un complexe mémoriel, aux formidables ressources documentaires, mêlant des espaces d’hommage aux victimes de la Shoah, notamment aux enfants, ainsi qu’un jardin des Justes parmi les Nations. Quarante Etats étaient représentés, en 2005, à l’inauguration du musée intégralement rénové. En janvier dernier, le 75ème anniversaire de la libération des camps de concentration a été marqué à Yad Vashem par un forum international sur la Shoah, auquel participaient, entre autres, les présidents français et allemand. De manière générale, les dirigeants étrangers se rendent à Yad Vashem lors de leurs déplacements officiels en Israël. De surcroît, le mémorial accueille environ un million de visiteurs par an.

Entré en politique à la droite de la droite en 2000, Eitam siège à la Knesset de 2003 à 2009. Ministre de l’Habitat dans le gouvernement Sharon, il en démissionne, en 2004, pour protester contre le plan de retrait israélien de la bande de Gaza. Il paie alors de sa personne aux côtés des colons qui refusent d’être rapatriés, à Gaza comme en Cisjordanie. En 2006, Eitam prône « l’expulsion de la plupart » des Palestiniens de Cisjordanie, ainsi que « l’exclusion des Arabes israéliens du système politique », car, avec un cinquième de la population israélienne, ils représenteraient « une cinquième colonne » et « un groupe de traîtres ». Eitam préside aujourd’hui une société de forage pétrolier, particulièrement active sur le territoire occupé du Golan syrien.

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30.11.20

Istacec

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