Un robot dans la robe des juges






Aux États-Unis, le logiciel Compas assiste les juges pour décider de libérations conditionnelles, en évaluant le risque de possibles récidives – la décision de remise en liberté est strictement liée à la probabilité de récidive. L’algorithme assiste, mais ne décide pas. Oui, mais un juge aura-t-il le courage, ou la légèreté, de remettre un condamné en liberté contre l’avis du logiciel si l’on peut prouver que l’algorithme fait statistiquement de meilleures prédictions que les juges ?




Nous vivons au temps des algorithmes, ces outils ne décident rien mais fournissent des réponses statistiquement significatives, au point de provoquer un dilemme au moment de prendre une décision, quand notre conviction intime rentre en contradiction avec ce que le résultat de l’algorithme propose. Et un domaine où cela devient critique est celui de la justice.

Les algorithmes exécutés par des ordinateurs sont entrés dans nos vies : ils nous conseillent des films, nous proposent des chemins pour nous rendre à notre prochain rendez-vous… Bientôt, ils conduiront nos voitures ou nous permettront de rester chez nous dans notre quatrième âge. En prenant autant d’importance, ils soulèvent des questionnements, des inquiétudes. Prenons un exemple frappant dans un domaine régalien, la justice. Aux États-Unis, le logiciel Compas assiste les juges pour décider de libérations conditionnelles, en évaluant le risque de possibles récidives – la décision de remise en liberté est strictement liée à la probabilité de récidive.

La questionest philosophique : y a-t-il des tâches de telles natures que les confier à des machines nous ferait perdre une part de notre humanité, des tâches qu’il faut leur interdire même si elles les réalisent mieux que nous ?

La suite ici : Un robot dans la robe des juges

28.03.19

Istacec

Laissez un commentaire

You must be connecté pour laisser un commentaire.