Un traité contre l’Amérique latine?








Les néolibéraux latino-américains, mais aussi la Commission européenne, ont encore du mal à faire leur mea culpa. Fidèles à l’édit thatchérien « qu’il n’y a pas d’alternative », ils continuent d’ânonner leurs dogmes sur les vertus ontologique du libre échange et à montrer du doigt le désastre économique à Cuba ou au Venezuela, comme si l’échec des expériences socialistes consacrait par essence le bien-fondé des modèles néo-libéraux.




En juin dernier, la conclusion du Traité de libre échange entre l’Union européenne et le Mercosur, le « marché commun de l’Amérique du sud » 1, a été célébré par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, comme « une extrêmement bonne nouvelle en ces temps turbulents».Et pourtant, la Commission européenne a donné l’impression de danser le tango à contre-temps.

Les négociations entre les deux blocs commerciaux avaient commencé en l’an 2000, lorsque le Brésil était dirigé par Fernando Henrique Cardoso, un brillant intellectuel de centre gauche, professeur à Stanford et au Collège de France, symbole d’une Amérique latine moderniste, ouverte et modérée. Aujourd’hui, l’Union européenne se retrouve sur la photo avec Jair Bolsonaro, un chef d’Etat d’extrême droite, misogyne, populiste, ultra-nationaliste, ami de Donald Trump, nostalgique de la dictature militaire et proche des milieux agricoles qui ravagent la forêt amazonienne.

Comment, de surcroit, justifier cette euphorie, alors que le modèle économique dont s’inspire le libre échange suscite de plus en plus de protestations en Amérique latine?  En Argentine, lors des élections du 27 octobre, le président conservateur Macri a été balayé par son opposant péroniste Alberto Fernandez et au Chili, un pays que l’on présente souvent comme une success story néo-libérale, le gouvernement de droite s’est retrouvé acculé, face à des mobilisations populaires dénonçant la concentration des richesses.

L’Union européenne a présenté cet Accord comme une bénédiction pour l’économie européenne, même si, « chez nous », les agriculteurs, une grande partie de la gauche, des écologistes, des souverainistes et des nationaux-populistes se mobilisent contre ce qu’ils considèrent comme une nouvelle expression de la « mondialisation malheureuse ». Les doutes ont même gagné des libéraux, comme Emmanuel Macronou Denis Ducarme.

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16.11.19

Istacec

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