Venezuela: « Partons, ces gens-là ne veulent plus de nous dans ce pays »



 


L’avenir du pays ne dépendra pas seulement d’un basculement politique partisan en faveur de Juan Guaido, ni d’un rebond des cours du pétrole. Si le prochain gouvernement n’échappe pas à l’alternance fatidique entre le « pouvoir oligarchique » et le populisme, s’il compte s’appuyer sur Donald Trump et Jair Bolsonaro là où Maduro se réfère à Xi Jinping ou Vladimir Poutine, le Venezuela ratera sans doute une nouvelle fois son rendez-vous avec la démocratie.

 

 

En 1830, dans une hacienda isolée de Colombie, un homme déçu par l’évolution politique au Venezuela voisin écrivait une lettre empreinte d’amertume. “Vous savez que j’ai eu le pouvoir pendant vingt ans et je n’en ai tiré que quelques conclusions sûres: l’Amérique est ingouvernable pour nous. Celui qui sert une révolution laboure la mer. La seule chose que l’on puisse faire en Amérique est d’émigrer. Ce pays tombera infailliblement entre les mains de petits tyrans. »

Cet homme apparemment revenu de tout s’appelle Simon Bolivar. Pendant des années, il avait symbolisé la lutte de l’Amérique du Sud pour son indépendance et son unité. Ses cavalcades tumultueuses tout au long de la cordillère des Andes avait fasciné le monde. Mais il mourut isolé et déchu. Le 17 décembre 1830, peu avant de rendre son dernier souffle, il s’exclamait : “Partons, partons… Ces gens-là ne veulent plus de nous dans ce pays». »

L’histoire a la manie de faire la nique à ceux qui s’y réfèrent pour justifier leurs politiques. En 1999, le lieutenant-colonel Hugo Chavez avait fait de Simon Bolivar l’inspirateur suprême de sa présidence. Mais vingt ans plus tard, la sentence est sans appel: le chavisme a lui aussi « labouré la mer », incapable de surmonter les « malédictions » de l’Amérique latine.

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4.02.19

Istacec

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